Pour vivre vieux, faites le Tour de France !

[03 septembre 2013 - 12h19] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h58]

Les cyclistes professionnels français affichent une espérance de vie plus longue (6 ans) que leurs concitoyens du même âge. C’est la principale conclusion d’une étude publiée ce mardi à l’occasion du Congrès européen de Cardiologie (ESC) qui se tient à Amsterdam.  De là à conclure que les pratiques dopantes auraient un effet protecteur, il y a un pas que les auteurs se gardent bien de franchir.

Le Pr Xavier Jouven et son équipe de l’INSERM (Villejuif) ont recensé les 786 cyclistes français qui ont pris le départ d’une Grande Boucle entre 1947 et 2012. Les sportifs ont été suivis sur 37,5 ans. Quant à l’âge médian de ces coureurs au moment de leur premier Tour de France, il était de 25 ans.

Au total, 208 cyclistes sont décédés lors de la période étudiée. Les deux causes principales de mortalité sont les cancers (32%) – digestifs, du poumon et de la prostate – et les maladies cardiovasculaires (29%). Lesquelles demeurent moins fréquentes (de respectivement 44% et 33%) que dans la population générale.

Les scientifiques ont estimé que l’espérance de vie de cyclistes (à 25 ans donc) était plus importante. Précisément de 6,3 ans. Ils révèlent surtout que le taux de mortalité de ces sportifs est resté stable à travers les époques.

Quelles explications ?

Les effets potentiels du dopage ont été analysés par la mesure des taux de mortalité sur trois périodes. Résultat : « des années 1950-1960 (époque des amphétamines) aux années 1970-1980 (stéroïdes anabolisants), le taux de mortalité n’a pas changé », expliquent-ils. « Et malgré les circonstances singulières des vingt dernières années (recours fréquent à l’EPO et aux hormones de croissance, de 1991 à nos jours), la longévité des athlètes français ne s’est pas non plus réduite récemment ».

Au cours de ce travail, Xavier Jouven et ses collaborateurs ne se sont pas penchés sur les raisons qui peuvent expliquer ces différences de mortalité entre les cyclistes professionnels et la population générale. Les premiers sont-ils dotés de prédispositions génétiques ? Conservent-ils une hygiène de vie saine après leur carrière ? « Nombre d’entre eux poursuivent en effet une pratique sportive longtemps après leur activité professionnelle et très peu fument », souligne en effet l’INSERM.

Le principal auteur met surtout en garde face à des interprétations trop hâtives liées au dopage. Histoire surtout de couper court aux éventuels commentaires sur un effet protecteur – ou une absence d’effets néfastes – du dopage…

Ecrit par : David Picot – Edité par : Emmanuel Ducreuzet

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