Psychiatrie : 47 % des patients peinent à accéder aux soins

26 mars 2025

La Fédération hospitalière de France alerte sur les profondes difficultés d’accès aux soins en santé mentale et en psychiatrie. En première ligne, les jeunes et un recours aux soins hospitaliers bien plus élevé qu’attendu.

La psychiatrie est souvent présentée comme le parent pauvre de la médecine. Le baromètre Ipsos pour la Fédération hospitalière de France (FDH) publié mardi 25 mars ne fera pas mentir l’adage, avec près de la moitié des patients qui ont connu des difficultés pour obtenir un rendez-vous. « En psychiatrie plus qu’ailleurs, les services sont saturés, les centres médico-psychologiques (CMP) publics connaissent de grandes difficultés pour répondre aux besoins de soins non programmés et aux attentes d’avis demandés par les médecins généralistes, mais aussi pour le suivi des soins nécessaires, avec des listes d’attente. Les généralistes sont sursollicités, parfois désemparés et, souvent, la question du coût financier d’une consultation se pose pour les patients », résume la Fédération hospitalière de France dans un communiqué.

39 % des patients n’obtiennent pas de rendez-vous

Les chiffres sont éloquents, concernant la prise de rendez-vous :

  • 47 % des patients souffrant de troubles psychiatriques ont rencontré des difficultés à cause des délais d’attente pour un rendez-vous avec un psychiatre ;
  • 39 % n’ont pas réussi à prendre un rendez-vous.

Mais également les traitements :

  • 32 % n’ont pas pu obtenir un renouvellement en temps voulu ;
  • 23 % ont été confrontés à une rupture de stock.

Les jeunes particulièrement exposés

La situation est particulière alarmante pour les 5 – 19 ans. Dans cette tranche d’âge, l’année 2024 marque un recours aux soins à l’hôpital supérieur aux prévisions pour les séjours relatifs aux pathologiques psychiatriques et aux intoxications, y compris volontaires. Celui-ci est de 32 % supérieur aux prévisions pour les séjours à l’hôpital pour raisons psychiatriques et de 25 % pour la toxicologie.

Les confinements successifs ont sans doute lourdement impacté la santé mentale des jeunes. « Une autre hypothèse, étayée par les données de notre sondage Ipsos, pourrait laisser penser que la hausse du recours à l’hôpital résulterait de freins au dépistage et de difficultés d’accès en amont », avance encore la FHF.

Appel à un sursaut collectif

Ces résultats sont cohérents avec les récentes enquêtes sur la santé mentale des jeunes : un quart des lycéens ont eu des pensées suicidaires au cours des douze derniers mois ; un enfant âgé de 3 à 6 ans sur 12 pourrait être affecté par un problème de santé mentale ; les risques anxio-dépressifs concerneraient deux tiers des 11 – 24 ans.

La FHF appelle à un sursaut collectif afin de proposer une prise en charge de la santé mentale à la hauteur des besoins de la population. En avril 2024, elle avait formulé plusieurs propositions à ce sujet afin, notamment de développer l’attractivité des métiers de la psychiatrie et valoriser les professionnels qui y exercent. Pour exemple, en 2024, dans 40 % des établissements publics, un quart des postes étaient vacants en psychiatrie.

La FHF plaide en outre pour un renforcement du lien entre la psychiatrie et les acteurs du territoire, dont la médecine de ville, et pour une évolution des modes de prise en charge – notamment élaborer des alternatives à l’hospitalisation et, pour les plus jeunes, développer des équipes mobiles en pédopsychiatrie.

À noter : les troubles mentaux font toujours l’objet d’une stigmatisation de la part des Français qui les jugent tabous (82 %), pensent qu’on n’en guérit jamais vraiment (52 %), disent avoir peur des personnes qui en souffrent (38 %).

  • Source : Fédération hospitalière de France

  • Ecrit par : Dorothée Duchemin – Edité par : Vincent Roche

Destination Santé
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