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Photographee.eu/shutterstock.com
Souvent synonyme d’épanouissement, la grossesse se caractérise aussi par un bouleversement physique et psychique. Chez certaines femmes, ces changements peuvent générer une forme de mal-être passager en cas de baby-blues. Mais il arrive que les troubles post-partum de l’humeur voire de la personnalité durent dans le temps et s’aggravent en maladies psychiatriques graves. Parmi elles, la psychose puerpérale. Quels sont les facteurs de risque ? Et comment les mamans sont-elles prises en charge ?
Après l’accouchement, les troubles psychiques les plus répertoriés sont les dépressions du post-partum.. Le plus souvent les femmes concernées sont sujettes à des « carences affectives, de séparations précoces et une grossesse émaillée d’événements douloureux (deuils, séparations) ou de conditions psychologiques difficiles (solitude, conflits conjugaux, soutien conjugal insuffisant ou inadéquat). De type mélancolique, la dépression peut se déclarer dans les mois suivant la naissance. Dans certains cas, elle déclenche une maladie maniaco-dépressive.
Mais il existe aussi une autre forme de troubles psychotiques bien distincte : la psychose puerpérale, répertoriée dans 1 cas sur 1 000.
Quels facteurs de risque ?
Les facteurs de risque de la psychose puerpérale sont une forte sensibilité aux modifications hormonales, la primiparité, des troubles antérieurs de la personnalité, des conflits relationnels mère-fille ou des antécédents psychiatriques personnels ou familiaux. Mais aussi des difficultés à assumer la grossesse, le stress de l’accouchement et l’appréhension de potentielles complications obstétricales ou néonatales.
Les principaux signes caractéristiques surviennent brutalement après la naissance. Ils correspondent à une fatigue accrue et anormale, des hallucinations visuelles ou auditives, une obnubilation, voire une réelle confusion mentale avec désorientation temporo-spatiale. Ou encore une activité délirante essentiellement centrée sur l’enfant et une grande labilité de l’humeur avec un risque suicidaire ou d’infanticide.
Une prise en charge pluridisciplinair
La psychose puerpérale peut dans certains cas s’atténuer naturellement ou devenir chronique. Mais pendant le premier mois suivant la naissance, l’utilisation précoce de neuroleptiques chez la femme enceinte permet d’atténuer les symptômes. Mais cette alternative médicamenteuse n’empêche pas à coup sûr les récidives (20% des cas lors de grossesses ultérieures), ni l’évolution vers une maladie maniacodépressive, une schizophrénie une érotomanie (trouble psychiatrique se traduisant par la conviction délirante d’être aimé) ou une paranoïa.
Etant donné le caractère multifactoriel de cette maladie, la prise en charge est pluridisciplinaire. Selon les cas, elle peut nécessiter l’intervention d’un psychiatre, d’un gynécologue obstétricien, d’un pédiatre, d’une sage-femme et d’une infirmière. Ainsi en post-partum plusieurs solutions sont proposées :
Dans les situations les plus extrêmes, lorsqu’il existe un risque suicidaire ou d’infanticide, l’enfant peut être confié, sinon hospitalisé en pédiatrie transitoirement.
Source : Collège National des Gynécologues Obstétriciens Français (CNGOF), le 10 avril 2017
Ecrit par : Laura Bourgault - Edité par : Dominique Salomon
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