Maladie auto-immune affectant le système nerveux central, la sclérose en plaques (SEP) se traduit par une attaque des cellules chargées de synthétiser la myéline, indispensables à la régulation de l’influx nerveux. Mais pourquoi la SEP progresse-t-elle plus rapidement chez certains patients ?

Maladie inflammatoire du système nerveux, la SEP se traduit par une destruction progressive de la gaine de myéline. Structure entourant les axones indispensables à la protection et la transmission de l’influx nerveux. Le mécanisme efficace pour freiner cette maladie ? La capacité naturelle à réparer la myéline, processus face auquel les patients  sont inégaux. « Chez certains malades en effet, les lésions sont complètement réparées alors que chez d’autres, une fois la lésion apparue, elle ne se répare jamais », constatent des chercheurs français*.

Pour en comprendre les raisons, ces deniers se sont penchés sur le fonctionnement des lymphocytes, cellules de l’immunité qui – dans le cas de la SEP – s’attaquent anormalement « à la myéline comme s’il s’agissait d’un virus ».  Et dans le même temps ce sont ces mêmes cellules qui « participent plus ou moins bien à leur réparation ».  Les scientifiques ont dont procédé à une greffe « de lymphocytes provenant de donneurs sains ou de patients atteints de sclérose en plaques au niveau de lésions démyélinisées de la moelle épinière de souris ».

Une problématique de différenciation

Cette expérimentation a permis de confirmer que « le problème se situe au niveau du processus de différenciation de cellules souches en cellules capables de réparer la myéline ». Dans le détail, chez les patients dotés d’une forte capacité de remyélinisation, les lymphocytes stimulent l’activité de la microglie, un autre pool de cellule immunitaire, entraînant alors la différenciation des cellules souches et déclenchant la réparation de la myéline. Dans le cas où les patients souffrent d’une faible capacité de remyélinisation,  la microglie ne s’active pas, empêchant ainsi tout processus de différenciation en cellules réparatrices.

Chez des patients à faible et forte capacité de réparation, les scientifiques ont ensuite observé de plus près le mode d’activité des lymphocytes. Une technique leur permettant d’isoler « 3 molécules associées à une bonne capacité de remyélinisation, 3 à une mauvaise ». Parmi les mauvaises, on trouve la molécule CCL19. En inhibant cette dernière, les scientifiques espèrent enclencher l’activation des macrophages, cellules de l’immunité, pour impulser la remyélinisation.

A noter : « ces mécanismes de réparation pourraient aussi concerner d’autres maladies dégénératives impliquant le système nerveux comme la sclérose latérale amyotrophique (maladie de Charcot), la maladie d’Alzheimer et la maladie de Parkinson.

*Unité 1127 « Institut du cerveau et de la moelle épinière » Inserm/CNRS/UPMC

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