Ritaline® : un usage détourné qui inquiète aux Etats-Unis

[30 mai 2017 - 14h34] [mis à jour le 30 mai 2017 à 17h02]

Des médecins américains alertent sur le mésusage de Ritaline® chez les adolescents et jeunes adultes. Bien qu’il soit indiqué dans la prise en charge du trouble déficitaire de l’attention associé à l’hyperactivité (TDAH) chez l’enfant (6 ans et plus), ce médicament serait régulièrement pris par 14% à 38% des collégiens et étudiants. Aux Etats-Unis, en tout cas.

Au même titre que Concerta LP® et Quasym LP®, la Ritaline® renferme une molécule appelée méthylphénidate. Il s’agit d’un psychostimulant, dont la structure chimique est apparentée à celle de l’amphétamine.

« L’efficacité de ce traitement est aujourd’hui bien documentée », explique le Pr Panayotis Thanos, qui pilote l’Institut de Recherche sur les Addictions au sein l’Université de Buffalo (Etat de New York). « En revanche, peu d’études ont exploré son usage détourné ». Autrement dit, son administration par des personnes qui ne souffrent pas d’hyperactivité.

Phénomène limité en France ?

Aux Etats-Unis, entre 14% et 38% des collégiens et étudiants recourraient à cette molécule, convaincus qu’elle permet d’améliorer leur concentration et d’être plus performants dans leurs études ! Ce qui n’a jamais été démontré bien sûr. En revanche, Thanos met en évidence des effets indésirables potentiellement graves sur des souris ne souffrant pas de TDAH. Il cite des changements de comportements incitants à des prises de risque, des troubles du rythme veille/sommeil, une perte de poids, un risque d’anxiété voire d’état dépressif.

En France, dans un rapport de 2013, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) cite également quelques cas d’usages détournés de méthylphénidate. « Notamment les étudiants dans un but de performance intellectuelle », signalaient les auteurs. Ils évoquaient alors un « phénomène limité ».

Partager cet article