© shisu_ka/Shutterstock.om
La sécheresse vaginale se définit par l’absence ou le manque de lubrification du vagin qui permet en temps normal au vagin de rester humide. Cette lubrification résulte d’une transsudation du plasma, soit une exfiltration du plasma à travers les parois vaginales, qui permet d’humidifier le vagin. S’ajoute également un liquide sécrété par les glandes de Bartholin, situées de part et d’autre de l’orifice vaginal. Celui-ci facilite la pénétration et maintient une humidité naturelle.
Les femmes qui manquent de lubrification vaginale ressentent un inconfort, un échauffement ou une douleur lors des rapports sexuels, des démangeaisons, une irritation, la présence de petites fissures à l’entrée du vagin, une sensation d’échauffement ou de brûlure lors de la miction. On parle de sécheresse vaginale – un problème fréquent puisque 17 % des femmes âgées de 17 à 50 ans en souffrent – mais cette sécheresse peut aussi concerner la vulve.
Souvent associée à la ménopause, la sécheresse du vagin ou de la vulve peut survenir à tout âge, à des niveaux plus ou moins sévères d’une femme à l’autre. Plusieurs causes, autres que le dérèglement hormonal lié à la ménopause, sont à l’origine du manque de lubrification des parties génitales féminines.
1 – La contraception hormonale
La contraception hormonale est une cause fréquente de sécheresse vaginale. Plusieurs mécanismes sont à l’œuvre, notamment l’effet de la contraception sur les hormones naturelles. La diminution des œstrogènes (responsables de la lubrification vaginale), l’action des progestatifs (hormone de synthèse d’action similaire à la progestérone) et une éventuelle baisse de la libido participent à l’apparition, chez certaines femmes, d’une sécheresse vaginale.
2 – Des produits d’hygiène intimes agressifs
Lavages trop fréquents et/ou produits d’hygiène agressifs peuvent causer une sécheresse vaginale ou de la vulve. Le vagin étant auto-nettoyant, il n’est pas nécessaire de le savonner. Cela risquerait de détruire sa flore bactérienne, normale et protectrice. Il est recommandé de nettoyer avec un savon doux, sans parfum au pH neutre, la vulve, d’avant en arrière.
3 – Le rôle de l’alimentation
Selon Intimina (marque anglaise spécialisée dans les produits d’hygiène intime), les oméga-3, ces bonnes graisses que l’on trouve notamment dans le soja et la graine de lin, peuvent contribuer à la production de lubrifiant naturel du vagin. Au contraire, la caféine, le tabagisme et l’alcool peuvent nuire à une bonne lubrification.
4 – Le stress
Les facteurs psychologiques ne sont pas non plus à prendre à la légère. Un épisode de stress prolongé, l’anxiété, la dépression constituent des facteurs de risque. Ils peuvent déclencher une production excessive de cortisol et réduire la production des hormones liée à l’excitation sexuelle.
5 – Grossesse et allaitement
Il est tout à fait naturel de présenter une sécheresse vaginale durant la grossesse et l’allaitement. Durant cette période, les niveaux d’estrogènes fluctuent. Durant plusieurs semaines, et souvent jusqu’à la fin de l’allaitement, le vagin peut être extrêmement sec.
6 – Des médicaments
Certains médicaments sont également en cause, c’est le cas notamment des antidépresseurs ou des antihistaminiques. Ces derniers permettent de soulager le nez qui coulent et les yeux qui pleurent mais assèchent aussi la muqueuse vaginale.
7 – Le syndrome de Gougerot Sjôgren
Il s’agit d’une maladie auto-immune qui assèche la peau mais également l’ensemble des muqueuses, dont la muqueuse vaginale. Outre ces symptômes de sécheresse, elle se caractérise également par une grande fatigue et une des douleurs.
Certains traitements contre le cancer, notamment la chimiothérapie, bloquent de façon temporaire ou permanente la production d’hormones par les ovaires.
8 – Des vêtements trop serrés peuvent aussi être à l’origine d’une sécheresse vulvaire.
Pour faciliter les rapports, l’application de lubrifiant à base d’eau est conseillée, de même qu’un temps de caresses suffisamment long pour laisser au vagin le temps de se lubrifier. Des crèmes hydratantes pour la vulve ou des gels vaginaux peuvent aussi être utilisés pour un usage régulier. Sur prescription, des traitements hormonaux locaux à base d’œstrogènes peuvent être envisagés.
Contre une sécheresse vaginale persistante, le laser gynécologique est une option intéressante. Ce dispositif utilise une énergie lumineuse douce qui pénètre dans les couches superficielles et intermédiaires de la paroi vaginale. Le laser permet d’activer la production de collagène, améliorer la circulation sanguine locale, favoriser l’épaississement de la muqueuse, restaurer l’élasticité et la lubrification des tissus.
Une sécheresse vaginale peut nuire au bien-être sexuel et à la qualité de vie. Heureusement, des solutions existent pour la traiter. N’hésitez pas à en parler à votre généraliste, votre sage-femme ou votre gynécologue.

Source : Ameli.fr, Intimina, site internet du Pr. Davody

Ecrit par : Dorothée Duchemin – Edité par Emmanuel Ducreuzet