Soins des plus démunis : Médecins du Monde sonne l’alarme

[16 octobre 2013 - 16h48] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h58]

Pour Médecins du Monde, la situation des plus démunis est très « inquiétante » en France. ©Jérôme Sessini / Magnum Photos pour MDM

« La misère, les inégalités de santé territoriales et sociales continuent de s’aggraver en France ». Dans son rapport annuel sur l’accès aux soins des plus démunis rendu public ce mercredi, Médecins du Monde (MdM) rappelle à quel point les conséquences de la crise économique sur la santé et l’accès aux soins se font sentir, dans notre pays.

En 2012, plus de 30 500 personnes ont été accueillies dans les 20 Centres d’accueil, de soins et d’orientation (Caso) de Médecins du Monde. Parmi elles, 13% sont sans domicile fixe, 10% sont des mineurs également SDF, 44% vivent dans un logement précaire et 9% sont des femmes enceintes.  Et près de la moitié de ces dernières (46%) présentent un retard de suivi de grossesse.

Comme le constate Médecins du Monde, l’activité globale de ces structures « ne cesse d’augmenter » (+33% depuis 2008). « Avec notamment une hausse inquiétante et constante de l’effectif des mineurs depuis 2008 », précisément de 69%. Pour MdM, ce dernier chiffre est particulièrement inquiétant. La loi « garantit en principe aux mineurs, un accès inconditionnel au système de soins, quel que soit leur statut administratif ».

14 fois plus d’infections par le VIH…

L’association insiste également sur le fait que trois patients sur quatre nécessitent une prise en charge à l’issue de ces consultations. Et pour cause, une partie non négligeable d’entre eux (43%) a recours aux soins de façon trop tardive. Médecins du Monde a aussi observé que la contamination par le VIH parmi ces patients y était 14 fois plus élevée que dans la population générale. Un ratio identique est retrouvé pour l’incidence de l’hépatite B.

Le Dr Thierry Brigaud, président de MdM insiste : « il faut lutter contre les stéréotypes qui empêchent de prendre les mesures appropriées en faveur des populations vulnérables, comme les usagers de drogues ou les personnes se prostituant. Un autre enjeu majeur demeure la lutte contre la stigmatisation de certaines populations telles que les Roms, dont l’intégration sociale encouragée par les instances européennes est trop souvent bafouée par une politique sécuritaire qui les met en danger ». Et il compte bien fait entendre la voix des plus démunis « lors de débats qui accompagneront les élections municipales » en mars 2014.

Ecrit par : David Picot – Edité par : Emmanuel Ducreuzet

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