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Le site du biathlon se situe à plus de 1 600 mètres d’altitude. Le snowpark est quant à lui à 1 816 mètres. Les sommets des descentes de ski alpin culminent à près de 2 400 mètres pour les femmes, plus de 2 200 pour les hommes. Les experts en médecine extrême de l’université Northeastern de Boston (Massachussetts, Etats-Unis) se sont intéressés aux effets de l’altitude sur les organismes des sportifs qui participent aux Jeux olympiques de Milan Cortina 2026, dans les Dolomites. Et plus spécifiquement, les effets de l’altitude sur le taux d’oxygène dans le sang et le système cardiovasculaire.
« En altitude, la pression atmosphérique étant plus faible, chaque respiration contient moins d’oxygène, ce qui signifie que moins de molécules d’oxygène parviennent aux poumons. Le corps compense en respirant plus vite ou plus profondément pour absorber davantage d’oxygène, et le rythme cardiaque s’accélère pour pomper plus de sang oxygéné », explique Joshua Merson, professeur agrégé de clinique et directeur du programme de médecine extrême à l’Université Northeastern.
Ce que confirmait le biathlète Éric Perrot, médaillé d’or le mardi 17 février en relais masculin du biathlon : « c’est une des premières altitudes où l’on peut ressentir un peu plus de fatigue que la normale. Ça se ressent tout simplement, physiologiquement, on respire un tout petit peu moins d’oxygène que sur des sites en basse altitude, donc on est un tout petit peu plus mou, on a un tout petit peu moins d’énergie, on peut être un tout petit peu plus essoufflé. C’est physiquement et mentalement encore un peu plus un combat que quand on est sur un site en basse altitude », a-t-il expliqué à Olympics.com.
Et si le corps ne s’adapte pas, ce qui peut arriver lors d’une ascension trop rapide, « certains systèmes commencent à se dérégler », souligne Joshua Merson.
Concrètement, que se passe-t-il ? L’hypoxie correspond à la diminution de la quantité d’oxygène que le sang distribue dans les tissus. « Cela déclenche une réaction inflammatoire susceptible de perturber la régulation de la pression artérielle, ce qui peut entraîner des fuites de liquide à des endroits inhabituels », poursuit le spécialiste. Ce qu’on appelle le mal des montagnes peut alors survenir avec des symptômes comme des maux de tête, des nausées, une extrême fatigue.
« Mais ils peuvent aussi être plus subtils ou présenter des signes avant-coureurs qui, s’ils sont ignorés, peuvent s’aggraver », ajoute Joshua Merson. Le mal aigu des montagnes peut alors causer des œdèmes de la face, des mains ou des chevilles, et être à l’origine de complications tels que l’œdème pulmonaire ou cérébral de haute altitude. « L’organisme s’adapte à l’hypoxie en augmentant le rythme cardiaque, en modifiant le métabolisme et en priorisant l’oxygénation des organes vitaux », complète Sarah Spelsberg, directrice des opérations américaines de World Extreme Medicine, qui participe à la conception de formations en médecine extrême à l’Université Northeastern.
Pour le spécialiste Joshua Merson, il est important de savoir repérer les signes avant-coureurs. Il énumère : « l’extraverti qui parle sans cesse pendant tout le voyage se tait. Le spécialiste du matériel de randonnée peine à porter son équipement. L’athlète entraîné a soudainement le souffle court en terrain plat. Des signes peuvent aussi être plus évidents, comme des trébuchements ou une mauvaise coordination, bien avant l’apparition des maux de tête, des nausées ou d’autres symptômes classiques du mal de l’altitude ». Mais il est important aussi que les sportifs apprennent également à reconnaître les prodromes de l’hypoxie, afin de gérer leur effort sur le long terme et, in fine, à améliorer leurs performances.

Source : Olympics.com, Northeastern global News

Ecrit par : Dorothée Duchemin – Edité par Emmanuel Ducreuzet