Stress, maladies cardiovasculaires… les violences conjugales résonnent à long terme

27 février 2020

En plus de porter atteinte à la dignité, les violences conjugales fragilisent la santé physique et psychologique. Un danger si réel que le risque de décès toutes causes confondues augmente de plus de 40% chez les victimes. 

Les décès liés aux violences conjugales sont souvent associés aux morts brutales, violentes, quand les victimes tombent sous les coups de leurs conjoints. Mais la gravité des séquelles peut se répercuter dans le temps, sur la santé physique, psychologique, sexuelle mais aussi sur l’équilibre émotionnel et financier. Et finalement ôter la vie aux personnes violentées des années après.

Pour évaluer précisément ce fléau, des chercheurs britanniques* ont analysé les dossiers médicaux de 18 547 femmes entre 1995 et 2017.

Stress chronique et maladies cardiovasculaires 

Résultat, chez les femmes violentées, « le risque de décès précoce toutes causes confondues augmente de 44% comparé aux femmes épargnées », détaille le Dr Joht Singh Chandan. D’autres études doivent être menées pour cerner l’origine de ce phénomène. Mais les pathologies cardio-métaboliques semblent impliquées : « le sur-risque de maladies cardiovasculaires atteint 31%, et 51% concernant le diabète. Nous pensons que cette mortalité résulte du stress chronique auquel les victimes sont exposées. » Une situation souvent aggravée par « une mauvaise hygiène de vie (alimentation déséquilibrée, consommation d’alcool, tabagisme) ».

D’ores et déjà, ces connaissances doivent inciter « les professionnels de santé à suivre de près les victimes de violences conjugales sur le long terme ».

* Universities of Warwick and Birmingham

  • Source : Journal of the American Heart Association, le 17 février 2020

  • Ecrit par : Laura Bourgault – Édité par : Emmanuel Ducreuzet

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