Tabac : vers la fin du marketing ?

[31 janvier 2017 - 13h22] [mis à jour le 31 janvier 2017 à 15h01]

Après l’arrivée des paquets neutres et l’interdiction des arômes, place à… la fin des marques promotionnelles et messages incitatifs ! Cette évolution marque-t-elle la fin imminente des stratégies marketing de l’industrie du tabac ?

« Vogue », « Gold », « Allure », « Corset », « Café crème »… Alléchantes, les marques et dénominations commerciales inscrites sur certains paquets de cigarettes poussent à la consommation. « Elles détournent l’attention du fumeur (…) de la dangerosité du produit pour l’attirer vers des pseudo-informations de nature publicitaire », explique le Comité national contre le tabagisme (CNCT). C’est pourquoi Marisol Touraine a annoncé leur interdiction imminente ce 31 janvier au micro de RTL.

Arrêter les mensonges publicitaires

Cette mesure résulte du vote d’une directive européenne adoptée en 2014 (article 13) pour limiter le caractère incitatif des cigarettes. Transposée dans le droit français le 19 mai 2016, cette dernière prévoit l’interdiction sur un produit du tabac de « tout élément donnant une impression erronée quant aux caractéristiques, effets sur la santé, risques ou émissions de ce produit ». Elle impose aussi qu’aucun paquet ne « ressemble à un produit alimentaire ou cosmétique ».

Et comme le précise l’association Droit des non-fumeurs (DNF), un décret daté du 11 août 2016 va plus loin en confirmant la fin des « messages, symboles, noms, marques promotionnelles, signes figuratifs ou autres ». Notamment ceux vantant des propriétés « énergisantes, rajeunissantes, naturelles, biologiques » ou mettant en avant des traits physiques et psychologiques comme « la minceur, la virilité, l’attraction sexuelle et l’élégance ». Le fumeur doit disposer d’une information avérée centrée sur la composition de la cigarette. Mais aussi sur le message visuel révélant l’impact sur l’organisme du fumeur ou la santé des proches. Signé ce 31 janvier, le décret sera publié le 1er février au Journal officiel.

« Cet engagement de fond est essentiel », souligne Yves Martinet, président du CNCT. « Il permettra de réduire la consommation de tabac par une réduction de l’offre qui ne cesse aujourd’hui de proliférer via la multiplication de marques tous azimuts, hyper-segmentées et dont l’objectif reste toujours le maintien et le développement des ventes de tabac. »

Partager cet article