Tout savoir sur la boulimie

[01 juin 2017 - 12h28] [mis à jour le 01 juin 2017 à 12h29]

S’alimenter bien au-delà de la faim et ne rien vouloir garder dans son corps… la boulimie est caractérisée par ce réflexe incontrôlable et addictif. Mais quelle différence entre boulimie nerveuse et hyperphagie boulimique ?

La boulimie atteint fréquemment les personnes souffrant d’anorexie mentale en premier lieu. Elle se caractérise par des phases pendant lesquelles « la personne succombe à des fringales, mais tente par tous les moyens d’éliminer ce qu’elle engloutit », explique le Dr Vincent Dodin, chef de service de la clinique médico-psychologique du Groupement des Hôpitaux de l’Institut Catholique de Lille. Et auteur de l’ouvrage « Anorexie, boulimie. En faim de conte ».

Ce trouble du comportement alimentaire (TCA), bien loin d’être anodin ou simplement symptomatique de la crise adolescente, fragilise la santé physique et psychologique. A tel point que 30% des patients concernés mettent fin à leur jour. Et sur le long terme, la boulimie peut engager le pronostic vital : les crises de vomissement diminuent en effet « le taux de potassium sanguin. Responsable de troubles du rythme cardiaque grave, cette chute peut entraîner la mort subite ».

Des nerfs à l’hyperphagie

La boulimie nerveuse est définie par des crises alimentaires au moins une fois par semaine, sur une durée de 3 mois. Plusieurs facteurs peuvent en être à l’origine : des carences affectives, un deuil, des changements de repères (vie sentimentale, déménagement…). La boulimie nerveuse survient en 3 phases :

La phase prodromique : « le sujet ressent un vague sensation envahissante et oppressante de faim, accompagnée d’angoisses et d’irritabilité » ;
L’accès boulimique « traduit par une surconsommation alimentaire incontrôlable (…) et irréversible, de survenue brutale. Entre 4 000 à 20 000 calories peuvent être ingérées en moins de deux heures, durée moyenne d’une crise ». Enfin, « la prise est marquée par l’absence de mastication, la voracité pouvant aller parfois jusqu’à l’étouffement » ;
La fin de l’accès « survient lorsque le patient n’a plus rien à manger, a mal au ventre, se sent étouffé ou lorsqu’il est interrompu par un événement extérieur ». A ce moment, le malaise physique (douleurs, nausées, fatigue intense, céphalée) et mentale (honte, remords, dépréciation) survient. Viennent ensuite les « comportements compensatoires (…) visant à empêcher la prise de poids tel que le jeûne, les vomissements provoqués puis réflexes », souligne le Dr Dodin. Ou encore l’utilisation de « laxatifs, de diurétiques, de lavements mais aussi l’activité physique excessive ».

En revanche, l’hyperphagie alimentaire correspond à des orgies alimentaires sans comportements compensatoires. « Le sujet absorbe extrêmement rapidement d’importantes quantités de nourriture, (…) sans faim, jusqu’à ressentir une distension abdominale inconfortable ». Réalisé seul, cet excès entraîne «  un dégoût de soi, de la tristesse et une profonde culpabilité signant une souffrance psychologique profonde ». L’hyperphagie alimentaire augmente par ailleurs le risque d’obésité morbide.

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