De nouvelles recommandations de l’OMS visent à accélérer la détection et à améliorer les traitements de la tuberculose multirésistante (MR). Et ceci grâce à un nouveau test de diagnostic rapide et un schéma thérapeutique plus court et moins cher.

« Les nouvelles recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) offrent un espoir à des centaines de milliers de patients souffrant de tuberculose MR », indique Mario Raviglione, Directeur du Programme mondial de lutte contre la tuberculose. « Ils pourront désormais bénéficier d’un test rapide qui pourra déterminer s’ils peuvent bénéficier d’un nouveau schéma thérapeutique. Ce dernier présente en effet l’avantage d’être plus court et moins cher que le précédent ».

Concrètement, avec les traitements classiques, qui durent de 18 à 24 mois, les taux de guérison restent faibles, aux alentours de 50%. Ceci s’explique par la difficulté des patients à se traiter sur de si longues périodes. « Ils interrompent donc souvent leur traitement ou sont perdus de vue par les services de santé », explique l’OMS. « On peut s’attendre à ce que le nouveau schéma thérapeutique permette de faire baisser le nombre des décès en améliorant l’observance ».

Vers un nouveau test pour identifier la multirésistance

Le moyen le plus fiable de détecter une tuberculose MR consiste à utiliser un test de diagnostic d’un nouveau genre. Baptisé MTBDRsl, il permet d’identifier les mutations génétiques des souches multirésistantes. Ce test fournit des résultats en 24 à 48 heures, contre au moins trois mois avec les anciens. « Ce délai bien plus court offre la possibilité de prescrire beaucoup plus rapidement les traitements de seconde intention », précise l’OMS. Un vrai bénéfice. D’autant plus que moins de 20% des 480 000 patients atteints de tuberculose MR suivent actuellement un traitement adapté.

« Nous espérons que le diagnostic plus rapide et le traitement plus court accéléreront la riposte mondiale à la tuberculose multirésistante que nous attendons tous », a déclaré le Dr Karin Weyer, du Programme mondial de lutte contre la tuberculose. « Les économies attendues avec la mise en place de ce schéma thérapeutique pourraient être réinvesties dans les services de lutte contre cette maladie ».

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