Tumeur de la vessie : entre immunothérapie et réhabilitation

[22 janvier 2018 - 11h09] [mis à jour le 22 janvier 2018 à 11h11]

Chaque année en France, le cancer de la vessie atteint près de 12 000 personnes. Les techniques de prise en charge ont tardé à faire leurs preuves. Mais deux approches semblent aujourd’hui efficaces pour améliorer le quotidien des patients. Lesquelles ?

En termes de fréquence, la tumeur de la vessie représente le quatrième cancer chez l’homme, et le neuvième chez la femme. A l’origine de 3 000 décès chaque année dans le pays, ce cancer est pris en charge par la technique chirurgicale : la dérive urinaire est possible, par une néovessie orthoptique* ou une poche abdominale**. Lorsque cette dérivation n’est pas possible, le chirurgien procède à la stomie urinaire. Soit une poche externe permettant d’uriner. Une technique le plus souvent proposée aux patients âgés et/ou à un stade avancé du cancer.

Au-delà de la chirurgie, les médecins disposent d’un arsenal thérapeutique très récent contre la tumeur de la vessie. Ainsi deux approches participent à une amélioration de l’état de santé des patients.

La réhabilitation pré, post et per opératoire 

Le programme GRACE (Groupe Francophone de Réhabilitation Améliorée par Chirurgie) se base sur une prise en charge pluridisciplinaire, avant, pendant et après l’opération. Sont proposées une évaluation et une prise en charge diététique, de l’exercice physique et la recherche de comorbidités ainsi qu’un suivi psychologique. « L’apport de compléments alimentaires protéinés améliore la cicatrisation. Et la pratique de la kinésithérapie respiratoire chez ces patients, qui sont souvent d’anciens gros fumeurs, permet de réduire les complications respiratoires en postopératoire », décrit le Dr Mathieu  Roumiguié, urologue au CHU de Toulouse.

L’intervention est aussi mieux supportée lorsque le patient rejoint le bloc opératoire à pied plutôt que sur un brancard. Le rétablissement est aussi plus aisé en cas d’anesthésie locorégionale comparée à la générale car les doses de morphine injectées sont moindres. Et des séances de rééducation pour apprendre le contrôle de la vessie artificielle renforcent l’autonomie. Proposé par plusieurs centres français, « ce programme a permis de réduire de façon significative la durée de séjour postopératoire et a tendance à améliorer le taux de complications graves ainsi que le taux d’iléus (obstruction de l’intestin) postopératoires. »

L’immunothérapie par anticorps monoclonaux

De nouvelles molécules basées sur l’immunothérapie (stimuler le système immunitaire pour le pousser à détruire les cellules cancéreuses) font leurs preuves. C’est le cas des anticorps monoclonaux anti-PD1 et anti-PDL1 dont l’efficacité a été présentée au Congrès mondial de cancérologie de l’ASCO en juin 2017.

Quels signaux d’alerte ?

Le cancer de la vessie est principalement causé par le tabagisme, et dans un second temps par l’exposition professionnelle à des substances comme les amines aromatiques et les hydrocarbures aromatiques polycycliques.

Cette tumeur est caractérisée par  la présence de sang dans les urines. Un mécanisme appelé hématurie macroscopique repéré « chez 90% des patients ». La plupart du temps, ces saignements surviennent en fin de miction. « Des envies plus pressantes » d’aller uriner peuvent aussi survenir, ainsi que « des douleurs ou des brûlures lors de la miction ». Autant de signes qui « doivent conduire à un urologue », souligne le Dr Roumiguié.

*une vessie artificielle raccordée à l’urètre, effectuée en fonction du profil (âge, absence d’insuffisance rénale…), du stade du cancer et du degré d’implication du patient
**Proposé aux patients dont l’urètre fonctionne mal, cette technique consiste à raccorder, cette technique permet d’uriner grâce à une sonde

Partager cet article