Un risque cardiovasculaire associé au diclofenac

[02 avril 2013 - 14h25] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h56]

« Les AINS doivent être prescrits à la plus petite dose efficace pour la durée la plus courte possible », explique la SFR

Pas de diclofenac au long cours en cas de risque cardiovasculaire ! A la lumière d’études récentes, la Société française de Rhumatologie (SFR) attire l’attention sur une augmentation modérée du risque d’accident cardiovasculaire associé à la prise de cet anti-inflammatoire non-stéroïdien (AINS). Lequel est largement utilisé dans le monde.

Le diclofenac est un principe actif présent dans de nombreux médicaments comme le Voltarène®. Il est indiqué dans le traitement de la douleur et de l’inflammation : notamment « dans le traitement symptomatique au long cours des rhumatismes inflammatoires chroniques (polyarthrite rhumatoïde, spondylarthrite ankylosante ou syndromes apparentés et rhumatisme psoriasique) et de certaines arthroses douloureuses et invalidantes », indique la SFR.

La société savante fait référence « à différentes études internationales récentes mettant en évidence une augmentation (modérée) du risque d’accident cardiovasculaire » associée à cet AINS. C’est pourquoi, aux yeux de ses représentants, « la prescription des AINS, et en particulier du diclofenac, doit faire l’objet d’une évaluation particulière chez les patients à risque cardiovasculaire ».

Vous êtes concerné ? N’arrêtez pas votre traitement. La SFR vous recommande surtout de « vous rapprocher de votre médecin qui évaluera l’intérêt de le poursuivre », ou de basculer vers un autre médicament. Elle cite le naproxène qui, « en fonction des données actuelles, est l’AINS de choix pour un traitement au long cours chez un patient à risque cardiovasculaire. »

Un rapport bénéfice-risque en cours de réévaluation

A noter qu’une réévaluation du rapport bénéfice /risque des médicaments à base de diclofenac est actuellement en cours, au sein de l’Agence européenne du Médicament (EMA). Ce travail doit intégrer les travaux récents, lesquels d’après l’Agence française du médicament (ANSM), « mettent en évidence un risque cardiovasculaire plus élevé avec le diclofenac qu’avec les aux autres AINS non sélectifs. Ce risque est similaire à celui des coxibs (inhibiteurs des Cox-2) autre classe de médicaments utilisés dans le traitement de la douleur et de l’inflammation ».

Les conclusions seront rendues publiques au cours des prochaines semaines. Le sujet sera à l’ordre du jour de la réunion de mai du Comité pour l’Evaluation des Risques en matière de Pharmacovigilance (PRAC), une instance de l’EMA.

Ecrit par : David Picot – Edité par : Emmanuel Ducreuzet

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