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Santé publique France indique, dans son bilan des infections respiratoires aiguës paru mercredi 15 avril, que l’efficacité en conditions réelles du vaccin contre la grippe pour la saison hivernale 2025-2026 est estimée à 30 % contre les formes symptomatiques, tous âges confondus*. Une efficacité qu’elle qualifie de « modérée », « comparable aux estimations de la saison 2024-2025 ». Le bénéfice de la vaccination est plus important chez les enfants que chez les adultes : l’efficacité est estimée à 67 % chez les 0-17 ans, contre 34 % chez les 18-64 ans et 23 % chez les 65 ans et plus (lesquels pouvaient bénéficier cette année de vaccins soit à “haute dose”, soit « adjuvanté »).
L’épidémie de l’hiver dernier a duré 10 semaines, de décembre 2025 à mi-février 2026. Santé publique France précise que ce niveau d’efficacité, globalement comparable aux estimations européennes pour cette saison, peut être considéré comme supérieur aux attentes, en raison d’une forte divergence antigénique entre les souches contenues dans le vaccin et les virus Influenza qui circulaient : « cette épidémie a été portée exclusivement par des virus de type A, avec une dominance du sous-type A(H3N2), très majoritairement de sous-clade K, par rapport au sous-type A(H1N1)pdm09. » En d’autres termes, le virus qui a circulé était assez différent de celui utilisé dans le vaccin. Malgré cette différence, le vaccin a quand même bien fonctionné, note l’agence.
La campagne de vaccination contre la grippe a été menée de mi-octobre 2025 à fin février 2026. À son issue, la couverture vaccinale a été estimée à 49,6 % chez l’ensemble des personnes à risque ciblées, à 56,7 % chez les 65 ans et plus, et à 28,9 % chez les moins de 65 ans présentant un risque de forme sévère. Ces niveaux de couverture sont en hausse de 3,1 points chez l’ensemble des personnes à risque par rapport à la saison précédente et « une telle progression est observée pour la première fois depuis la pandémie de Covid-19 ».
La grippe a entraîné environ 1,2 million de consultations en médecine de ville (réseau Sentinelles) et 158 000 consultations pour « syndrome grippal » réalisées par SOS Médecins. En médecine de ville, le niveau d’activité est nettement inférieur à celui de l’épidémie de l’an dernier. Mais c’est à l’hôpital que la pression a été plus forte : un pic d’activité élevé a été observé aux urgences la dernière semaine de 2025, puis pour les hospitalisations la première semaine de 2026. Au total, la saison a généré environ 115 000 passages aux urgences et 24 000 hospitalisations pour grippe ou syndrome grippal.
En 2025-2026, environ 21 % des passages aux urgences pour grippe ou syndrome grippal ont nécessité une hospitalisation.
Concernant la mortalité, l’impact de la grippe est net : l’infection est mentionnée comme cause dans 7,3 % des décès enregistrés via les certificats électroniques au moment du pic, survenu la deuxième semaine de janvier.
Le nombre total de décès attribués à la grippe via ce dispositif s’élève à 4 389. L’excès de mortalité toutes causes confondues est moins élevé qu’en 2024-2025 : environ 12 700 décès supplémentaires ont été estimés pendant l’épidémie 2025-2026, contre 17 900 la saison précédente.
* estimations d’efficacité vaccinale en conditions réelles produites par le centre national de référence (CNR), à partir des données issues du réseau de laboratoires de ville Relab (confirmation biologique de l’infection).

Source : Bulletin Infections respiratoires aiguës /Semaine 15 (6 au 12 avril 2026). Publication : 15 avril 2026 par Santé publique France.

Ecrit par : Hélène Joubert ; Édité par Emmanuel Ducreuzet