VIH/SIDA : l’OMS réclame des traitements plus précoces

[30 juin 2013 - 17h32] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h57]

© Julius Mwelu/IRIN

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a publié ce dimanche ses nouvelles recommandations concernant la prise en charge du VIH-SIDA. A ses yeux, un traitement antirétroviral « plus précoce, plus sûr et plus simple peut entraîner un déclin irréversible de l’épidémie. » Une application de cette nouvelle ligne directrice permettrait en effet d’éviter 3 millions de décès et de prévenir 3,5 millions de nouvelles infections d’ici 2025.

Agir précocement ! Dans ses nouvelles recommandations, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) encourage « tous les pays à mettre en route un traitement antirétroviral chez des adultes vivant avec le VIH, dès que la numération des Lymphocites CD4 est inférieure à 500 cellules/mm3 (lorsque le système immunitaire est encore fort). » En 2010, ces recommandations étaient de 350 cellules/mm3. Ce qui établit le nombre de personnes éligibles à 26 millions… soit 9,3 millions de plus qu’en 2010.

L’OMS s’appuie ainsi sur des éléments « prouvant que traiter plus précocement les personnes porteuses du VIH avec des médicaments sûrs, abordables et faciles à gérer peut à la fois les maintenir en bonne santé et abaisser leur charge virale, ce qui réduit le risque de transmettre le virus à une autre personne. »

Les enfants et les femmes enceintes

Autre recommandation : « fournir un traitement antirétroviral, indépendamment de leur numération des CD4, à tous les enfants vivant avec le VIH de moins de 5 ans. Mais aussi à toutes les femmes enceintes ou allaitantes porteuses du VIH et à tous les partenaires séropositifs au VIH lorsque l’un des partenaires n’est pas infecté. »

Selon Anthony Lake, Directeur exécutif de l’UNICEF, « de tels progrès permettent aux enfants et aux femmes enceintes d’accéder au traitement plus tôt et dans des conditions plus sûres et nous rapprochent de notre objectif d’une génération sans sida.»

Dans les faits, des données encourageantes…

En 2012, près de 10 millions (9,7) de personnes vivant avec le VIH avaient accès à un traitement antirétroviral. Elles étaient 8,1 millions en 2011. Toutes les régions du monde (Afrique en tête) ont bénéficié de la couverture thérapeutique. L’année dernière, sur 5 patients débutant un traitement, 4 vivaient en Afrique sub-saharienne.

Pour Margaret Chan, Directrice générale de l’OMS, « avec ce chiffre, nous voyons que les perspectives actuelles – inconcevables il y a seulement quelques années – peuvent donner l’élan nécessaire pour entraîner l’épidémie de VIH vers un déclin irréversible.»

Michel Sidibé, Directeur exécutif du Programme commun des Nations-Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) va plus loin. «Nous devons cependant faire face à un nouveau défi: garantir que les 26 millions de personnes susceptibles de bénéficier du traitement y aient effectivement accès, pas une personne de moins. Toute nouvelle infection par le VIH ou tout nouveau décès lié au sida dû à un accès insuffisant au traitement antirétroviral est inacceptable.»

A noter que ces recommandations ont été publiées par l’OMS lors de la journée d’ouverture de la Conférence de la Société internationale du Sida (IAS) 2013 qui débute ce 30 juin à Kuala Lumpur (Malaisie).

Ecrit par : Vincent Roche – Edité par : David Picot

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