Selon l’association AIDES, les violences faites aux femmes augmenteraient nettement le risque de contracter le virus du SIDA. Un lien de cause à effet particulièrement rapporté dans la population migrante originaire d’Afrique.

En France, des milliers de femmes victimes de violences physiques et/ou psychologiques sont exposées à un risque accru de souffrir du VIH/SIDA. Les femmes migrantes venues d’Afrique sont particulièrement concernées.

Selon l’étude ANRS-Parcours*, « elles représentent à elles seules environ 60% des femmes découvrant leur séropositivité chaque année en France », dénonce AIDES. « Le lien entre violences sexuelles subies après leur arrivée en France et contamination par le VIH est clairement démontré. » Précisément, « les violences sexuelles subies par les femmes africaines sur le sol français multiplient par 4 leur risque d’être infectées par le VIH ». Ainsi, « 15,1% des femmes infectées par le VIH après leur arrivée en France ont subi des violences sexuelles, contre 3,5% chez les femmes non infectées ».

Des situations liées à la précarité dans laquelle sont plongées ces femmes. « Certaines se retrouvent à la merci d’hommes n’hésitant pas à « monnayer leur aide » contre des rapports sexuels contraints. »

Lutter contre la précarité

« Tout comme le VIH, les violences faites aux femmes ne sont pas qu’une question de comportements individuels. Il s’agit aussi d’un problème politique, qui appelle des réponses politiques », explique Catherine Aumond, vice-présidente d’AIDES. « Tout doit être mis en œuvre pour  garantir à toutes les femmes des conditions de vie décentes. A commencer par l’accès à un titre de séjour durable pour les femmes migrantes en situation de précarité. Une première étape indispensable vers moins de violences et moins de contaminations », défend l’association.

*publiée dans le Lancet Public Health en janvier 2018

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