Interdite depuis 1997, l’utilisation de l’amiante continue de faire des ravages. Un rapport de Santé publique France révèle de nouveaux chiffres concernant les mésothéliomes pleuraux engendrés par une exposition à ce produit isolant. Le nombre de ces cancers a doublé chez les femmes en 20 ans et les indemnisations restent insuffisantes.

En cause dans la survenue du mésothéliome pleural, un cancer de la plèvre, l’amiante a été interdite en 1997. Depuis lors, le programme national de surveillance des mésothéliomes pleuraux (PNSM) recense le nombre de cancers liés à l’amiante. Santé publique France publie ce 27 juin un rapport inédit sur 20 années de veille (1998-2017).

Le constat est amer. L’impact sanitaire continuera d’être lourd pour encore de nombreuses années. Pour cause, les effets de l’isolant sur la santé peuvent apparaître jusqu’à 30 à 40 ans après la première exposition. Le rapport révèle ainsi que les mésothéliomes pleuraux sont toujours plus nombreux. Dans le détail, 1 100 nouveaux cas surviennent annuellement en France. Et ce sont les femmes qui subissent l’augmentation la plus marquée. Pour elles, le rapport souligne un doublement des cas en 20 ans, atteignant désormais 310 cas par an.

Autre révélation : de très fortes disparités régionales avec une incidence particulièrement élevée dans les régions du Nord, Nord Ouest et Sud Est.

Une maladie largement professionnelle

Parmi les personnes atteintes de mésothéliome, le rapport souligne « une prédominance forte des expositions professionnelles chez l’homme avec plus de 9 hommes exposés sur 10 concernés ». Chez les femmes, la situation est moins évidente. « Une exposition est retrouvée en dehors du lieu de travail pour 1 femme sur 3. »

En matière de secteur d’activité, le BTP, reste largement concerné. Ainsi, « la proportion des personnes atteintes de mésothéliome pleural ayant exercé dans ce secteur est en augmentation constante depuis 1998 pour atteindre 50% en 2016 », indique le rapport.

Recours à l’indemnisation insuffisant

« Les maladies générées par l’exposition professionnelle à l’amiante sont inscrites aux tableaux des maladies professionnelles du régime d’Assurance-maladie des salariés et des exploitants agricoles », rappelle Santé publique France. Et depuis 2002, toute victime des effets de l’amiante peut obtenir une indemnisation auprès du Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante (Fiva). Pourtant, le rapport révèle que le « recours à ces dispositifs est encore insuffisant ». En effet, « entre 2005 et 2017, plus d’1 personne sur 4 atteinte de mésothéliome et affiliée au régime général de sécurité sociale n’avait entrepris aucune démarche de reconnaissance en maladie professionnelle, ni n’avait sollicité le Fiva ».

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