Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le nombre de nouveaux antibiotiques commercialisés à l’échelle planétaire est largement insuffisant pour lutter efficacement contre le fléau de la résistance antimicrobienne.

« La plupart des molécules actuellement en production sont des modifications des classes thérapeutiques déjà existantes », explique l’OMS dans son rapport rendu public ce 20 septembre. « Ces dernières ne constituent que des solutions sur le court terme ». Selon ce document, « très peu d’options médicamenteuses novatrices contre ces infections résistantes aux antibiotiques existent ». Ainsi « sur les 51 nouveaux antibiotiques en cours de développement clinique comptabilisés par l’OMS, seuls 8 sont répertoriés comme des innovations dotées d’une valeur ajoutée pour compléter l’arsenal thérapeutique mondial. »

Ce sous-financement se ressent même dans le cadre de la prise en charge de la tuberculose, maladie qui tue environ 250 000 patients chaque année dans le monde. « Seulement deux antibiotiques dans le cas de résistance à la tuberculose sont arrivés sur le marché en 70 ans. »

La médecine de demain en danger

« La résistance antimicrobienne relève de l’urgence mondiale. Cette dernière compromet sérieusement les progrès de la médecine moderne », souligne le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS. « Il y a un besoin urgent d’investir dans la recherche et dans le développement d’antibiotiques ». Sous peine « de revenir à une époque à laquelle les gens craignaient les infections les plus banales et risquaient leur vie pour des chirurgies mineures ».

Des initiatives ?

Le 4 septembre, l’Afrique du Sud, l’Allemagne, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Suisse et la fondation britannique Wellcome Trust ont investi un total de 56 millions d’euros pour renflouer ce budget recherche.

« Mais les seuls investissements financiers ne suffiront pas à combattre le fléau de la résistance antimicrobienne. » En parallèle de ce combat, l’OMS travaille aussi avec « les pays partenaires à une meilleure prévention des infections ». Enfin, « elle développe des guides de recommandations pour un usage responsable des antibiotiques dans les sphères humaines, animales et dans le secteur agricole ».

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