Baclofène : un usage prématuré contre l’alcoolo-dépendance?

[27 février 2018 - 11h16] [mis à jour le 27 février 2018 à 12h51]

Qualifié par certains de médicament miracle contre l’alcoolisme, le baclofène est de plus en plus prescrit dans cette indication. Une équipe britannique estime pourtant, au regard des résultats d’une méta-analyse, que cet usage est encore prématuré. L’efficacité de la molécule myorelaxante devrait selon eux encore être démontrée.

Depuis quelques années, le baclofène fait l’objet d’études dans le cadre du traitement de l’alcoolo-dépendance. Certains médecins et patients y voient un médicament miracle dans cette indication. En France, la molécule a d’ailleurs obtenu une Recommandation temporaire d’utilisation (RTU). Pourtant l’adhésion à cet usage ne fait pas l’unanimité.

Une équipe britannique de l’Université de Liverpool vient de publier une méta-analyse à ce sujet. Elle a passé en revue 12 études comparant le baclofène à un placebo sur différents critères. Parmi eux, le craving, l’anxiété, la dépression et la prise alcoolique pendant le traitement.

Une efficacité pas encore démontrée

Résultat, seul le taux d’abstinence se révèle supérieur avec le baclofène, par rapport au placebo. En clair, « 1 patient sur 8 sera abstinent à la fin du traitement ». Toutefois, la molécule ne réduit pas en soi, le nombre de jours d’abstinence, ni le nombre de jours de prise alcoolique au cours du traitement, ni encore le craving (envie irrépressible de boire), l’anxiété ou la dépression.

C’est pourquoi « la constante augmentation de l’utilisation du baclofène dans cette indication est prématurée », estiment les auteurs. Et ce, d’autant que les diverses études analysées montrent plusieurs soucis de méthode. En effet, les doses employées ou la durée du traitement ne sont pas les mêmes selon les travaux. Sans oublier que la plupart de ces études n’incluent que très peu de participants, mettant en doute la validité de leurs résultats.

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