Cancer colorectal : quels sont les 3 comportements protecteurs et les 3 à éviter ?  

03 février 2026

L’incidence du cancer colorectal est en augmentation alors que plus de la moitié des cas est imputable à des facteurs de risque évitables. Plusieurs facteurs nutritionnels sont en effet associés à une diminution ou à une hausse du risque.

En 2023 en France, 47 582 nouveaux cas de cancers du côlon ou du rectum ont été diagnostiqués. Chaque année, près de 18 000 personnes en meurent. Le cancer colorectal reste la deuxième cause de décès par cancer, tous sexes confondus. Et la tendance est à la hausse, notamment chez les femmes et les moins de 50 ans. « La tendance est nettement marquée chez les 15-39 ans, dont la progression du taux d’incidence a été de +1,43 % par an entre 2000 et 2020, avec des cancers plus agressifs que chez les populations âgées », précise Santé publique France dans son bulletin épidémiologique hebdomadaire, publié mardi 3 février.

Et la moitié des nouveaux cas seraient évitables car liés à des facteurs de risques modifiables. Ainsi, 21 % des cas seraient dus à une alimentation déséquilibrée, 16 % à la consommation d’alcool, 11 % à la surcharge pondéral et 2 % à un faible niveau d’activité physique. Dans ce contexte, la connaissance des recommandations nutritionnelles par le grand public apparaît majeure. Dans son bulletin, Santé publique France dresse le bilan des facteurs protecteurs, ou au contraire ceux qui augmentent le risque de développer ce cancer.

Quels sont les facteurs protecteurs ?

Les fibres 

Les fibres alimentaires sont des glucides complexes présentes dans les aliments d’origine végétale, principalement les céréales complètes, les fruits, les légumes, les légumineuses. « Chaque portion journalière de 10 g est associée à une réduction du risque de cancer colorectal de 7% », souligne Santé publique France. En plus des fibres, ces aliments apportent des micronutriments et microconstituants qui auraient « de probables effets anti-tumoraux » (activité antioxydante ou antiproliféra­tive, action sur le métabolisme des xénobiotiques, stimulation du système immunitaire, régulation de la glycémie…).

Les produits laitiers

Les produits laitiers joueraient aussi un effet protecteur. Ainsi, selon Santé publique France, « la consommation de 400 g par jour de produits laitiers tous types confondus (produits laitiers totaux, lait, fromage, calcium alimentaire), et quelle que soit leur teneur en matière grasse, est associée à une réduction de 13 % du risque de cancer colorectal », un rôle essentiellement identifié sur le cancer du côlon particulièrement. Le calcium serait le principal acteur de ce mécanisme. Il agit notamment sur les cellules : il diminue la prolifération cellulaire, augmente la différenciation cellulaire, favorise l’apop­tose des cellules tumorales.

L’activité physique

S’il est difficile d’établir un seuil à partir duquel l’activité physique prévient le cancer colorectal, elle reste un facteur de prévention avérée. Toutefois, selon une étude menée sur la UK Biobank, « comparé à une marche quotidienne de 5 000 pas, le risque de cancers liés à l’activité physique (les cancers de l’œsophage, du foie, du poumon, du rein, du cardia gastrique, de l’endomètre, la leucémie myéloïde, le myélome, du côlon, de la tête et du cou, du rectum, de la vessie et du sein) était inférieur de 11 % chez les personnes effectuant 7 000 pas par jour et de 16 % chez celles en faisant 9 000 par jour ». Plusieurs mécanismes seraient à l’œuvre : réduction de la surcharge pondérale, de l’inflammation chronique et du stress oxydatif, renforcement du système immunitaire, modifications épigénétiques favorables, amélioration de la réparation de l’ADN et de la régulation des hormones. L’activité physique favoriserait aussi la croissance de bactéries bénéfiques au sein du microbiote intestinal.

Quels sont les facteurs de risque ?

Les viandes rouges et transformées

La viande transformée (tout type de viande conservée par fumaison, séchage, salage et les viandes mises en conserve) et la viande rouge ont été classées respectivement comme cancérogène certain et probable. « Une consommation de 100 g par jour de ces deux types de viandes est associée à une augmentation de 12 % du risque de cancer colorectal », écrit Santé publique France. En cause, des teneurs élevées en acide gras saturés. Cette association est aussi imputable à la présence de fer héminique, qui conduit à la formation de composés N-nitrosés, des composés chimiques qui apparaissent dans les aliments lors de leur préparation et qui favorisent la carcinogénèse. Pris séparément, ce sont les viandes transformées qui sont le plus à risque de cancer colorectal (16 %), « notamment dû à la présence de nitrites et nitrates, des conservateurs souvent présents dans la viande transformée avec un effet génotoxique probable (groupe 2A) ».

L’alcool

« Classé comme cancérogène avéré pour l’humain (groupe 1) depuis 1988, une augmentation de consommation de 10 g d’éthanol par jour (soit 1 verre standard, en France) est associée à une augmenta­tion de 7% du risque de cancer colorectal », note Santé publique France. L’autorité sanitaire précise que cette association est non-linéaire et plus marquée à partir de 3 verres. « Ces liens avec le cancer colorectal sont notamment dus à la production d’acétaldéhyde lors du processus de dégradation de l’alcool, un métabolite génotoxique avec des effets carcinogènes sur les colonocytes (cellules du côlon, ndlr) » Plusieurs autres hypothèses nécessitent à l’heure actuelle d’être clarifiées.

La surcharge pondérale

Selon Santé publique France, chaque incrément de 5 kg/m² dans l’indice de masse corporelle (IMC) est associé à une augmentation de 5 % du risque de cancer colorectal, l’effet étant nettement plus marqué pour les valeurs d’IMC de plus de 27. Une augmentation des tours de taille (indicateur de la graisse viscérale) est également associée à un risque accru.

Notez que des études récentes, qui nécessitent des clarifications, mettent en évidence des associations entre les aliments ultra-transformés et le risque de cancer colorectal.

Pour Santé publique France, il est nécessaire d’encourager l’adhésion aux recommandations du Programme national nutrition santé (PNNS). L’agence sanitaire estime que des mesures additionnelles devraient être mises en place pour encourager la population à adopter des habitudes plus saines : subventions pour les produits sains, taxation sur les produits déséquilibrés ou sur certains nutriments, mise en place obligatoire du Nutri-Score, développement de programmes éducatifs, limitation de la publicité et des actions de marketing ciblées et limitation des promotions ciblées.

  • Source : Bulletin hebdomadaire épidémiologique de Santé publique France du 3 février 2026

  • Ecrit par : Dorothée Duchemin – Edité par Emmanuel Ducreuzet

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