Cancer du poumon : qu’est-ce qu’Impulsion, le programme pilote de dépistage français ?

21 janvier 2026

A l’occasion du 30e congrès de pneumologie de langue Française, le Pr Sébastien Couraud a présenté, lors d’une conférence de presse, le programme Impulsion qui doit mener à la mise en œuvre du dépistage national de cancer du poumon.

Le cancer du poumon est la première cause de mortalité par cancer en France avec près de 31 000 décès chaque année. Il est le plus souvent diagnostiqué à un stade avancé, avec un pronostic de survie à cinq ans de 20 %. Plusieurs essais de grande ampleur ont démontré ces dernières années l’intérêt du dépistage par scanner thoracique basse dose. L’essai européen Nelson 3 a notamment montré une diminution de la mortalité de 24 % chez les hommes et de 33 % chez les femmes. La mise en place d’expérimentations en vie réelle a ainsi été recommandée par l’Union européenne et la Haute autorité de santé.

En France, le projet Impulsion, programme pilote de dépistage du cancer du poumon, s’apprête à voir le jour, porté par l’Institut national du cancer (Inca). « Impulsion est une étude nationale de calibrage et de faisabilité, structurée comme un protocole de recherche clinique. Son objectif est de répondre aux enjeux organisationnels et médico-économiques propres au contexte français afin de préparer l’instauration d’un dépistage organisé du cancer du poumon », présentait, lors d’une conférence de presse vendredi 16 janvier le Pr Sébastien Couraud, pneumologue à l’hôpital Lyon Sud (Hospices Civils de Lyon), avant l’ouverture du 30e congrès de pneumologie de langue française.

A qui s’adresse ce programme ?

Les critères d’inclusion pour participer au programme sont : être âgé de 50 à 74 ans, avoir une consommation tabagique cumulée d’au moins 20 paquets-années, et être fumeur actuel ou ancien fumeur sevré depuis moins de 15 ans. Il est prévu d’inclure 20 000 participants afin de produire des données suffisamment solides pour préparer un futur dépistage organisé.

Pour y participer, trois possibilités : un entretien avec un médecin ou un soignant, un appel à une plateforme téléphonique dédiée animée par des téléopérateurs formés, ou un test d’éligibilité en ligne sur depistage-cancerpoumon.fr (opérationnel en avril 2026).

L’objectif du programme est notamment d’en finir avec les inégalités de genre. Alors que le cancer du poumon est en nette augmentation chez les femmes – lié à l’explosion du tabagisme dans cette population – un dépistage véritablement égalitaire est nécessaire. « Le message aux médecins est clair : pensez aussi au dépistage chez les femmes », insiste le Pr Sébastien Couraud.

« Le tabagisme et le cancer du poumon sont socialement marqués : plus on est précaire, plus on fume et moins on se fait dépister », poursuit-il. Mais les populations les plus vulnérables participent moins aux actions de santé publique pour diverses raisons. Le programme doit veiller à mettre en place des stratégies dites « d’aller-vers » pour atteindre les personnes les plus à risque.

Quand doit-il commencer ?

Le programme Impulsion doit commencer en mars 2026 dans 5 régions pilote, Île-de-France, Hauts-de-France, Pays de la Loire, PACA et Auvergne-Rhône-Alpes. Il sera ensuite étendu à l’ensemble des régions, dont les DOM/TOM, courant 2026. La durée d’inclusion est de 18 mois. « Un rapport intermédiaire pourrait être publié dès que le programme aura inclus 10 000 participants. Les résultats consolidés, intégrant notamment les données de suivi à un an, sont quant à eux attendus en 2027 », note le pneumologue. En fonction des résultats apportés par cette étude, le dépistage national de cancer du poumon pourrait être mis en œuvre à l’horizon 2031.

En quoi consiste ce programme ?

Le programme adopte une approche élargie du dépistage. L’élément central repose sur la réalisation d’un scanner thoracique basse dose. Le volontaire intègre un parcours de prévention structuré, avec un accompagnement systématique au sevrage tabagique. Une spirométrie (mesure du souffle) complète le dispositif afin de permettre la détection précoce d’une BPCO, le cas échant. D’autres maladies liées au tabac pourront aussi être dépistées grâce au scanner ; anomalies pulmonaires interstitielles, emphysème, atteintes cardiovasculaires, ostéoporose (une maladie souvent sous-diagnostiquée chez les hommes fumeurs, pourtant très à risque).

Comment interpréter les résultats ?

Un scanner négatif n’est pas une absence d’anomalie et nécessite un contrôle avec un nouvel examen à 12 ou 24 mois selon les recommandations. À l’inverse, un scanner positif n’équivaut pas à un diagnostic de cancer. Il conduit le plus souvent à des examens complémentaires.

Faut-il s’inquiéter du scanner à faible dose ?

« On ne peut comparer un scanner à faible dose à une exposition massive il y a 80 ans. Les modèles de risque basés sur ces données anciennes ne correspondent plus aux technologies actuelles, qui ont profondément évolué », rassure le Pr Couraud. Le scanner à faible dose est capable de détecter de petites lésions ou petits nodules pulmonaires. Contrairement à un scanner conventionnel, le patient est exposé à une quantité bien inférieure de rayons X, réduisant largement les risques liés à l’exposition au rayonnement. En outre, le risque de cancer radio-induit est très faible chez les personnes du groupe d’âge ciblé par le programme.

  • Source : conférence de presse du 30e Congrès de Pneumologie de Langue Française  

  • Ecrit par : Dorothée Duchemin - Edité par Emmanuel Ducreuzet

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