La télémédecine améliore-t-elle le pronostic vital ? Pour répondre à cette question, des oncologues américains proposent aux patients atteints d’un cancer de partager leurs symptômes au quotidien sur un carnet de bord électronique. En cas d’aggravation, les médecins reçoivent une alerte et adaptent le traitement au plus vite. « Une technique jugée plus efficace que certaines thérapies pour augmenter la survie », apprend-on à l’occasion du Congrès de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO) organisé à Chicago du 2 au 6 juin.

« De juin 2007 à juin 2016, un total de 766 patients atteints d’un cancer (génito-urinaire, gynécologique, sein et poumons) ont rapporté l’évolution de 12 symptômes sur un journal de bord numérique », décrit le Dr Ethan M. Basch, médecin au Memorial sloan kettering cancer center (New York) au Congrès de l’ASCO organisé à Chicago du 2 au 6 juin.

Des exemples ? Une perte d’appétit, des difficultés respiratoires, une fatigue importante ou encore des bouffées de chaleur, des nausées et des pics de douleurs accrus. Autant de données envoyées en direct par mail aux médecins et aux infirmiers. De quoi suivre de près l’évolution de la maladie et adapter le traitement ! « Cette implication réduit les admissions aux urgences, aide à adapter la prise en charge et ainsi à prévenir l’entrée dans la phase métastatique.»

Une outil utile à domicile

L’efficacité de cette surveillance continue est telle que les malades atteints d’une forme métastatique de la maladie gagnaient en moyenne 5 mois d’espérance de vie*, dès lors qu’ils rapportaient leurs symptômes sur leur carnet de bord (31,2 mois contre 26 mois pour ceux ne bénéficiant pas de ce journal de bord). « Cet écart peut paraître dérisoire », atteste le Dr Basch, « mais il est largement supérieur aux bienfaits de certains médicaments prescrits contre le cancer métastatique ».

La télémédecine en oncologie est par ailleurs bienvenue à l’heure où la plupart des chimiothérapies délivrées en ambulatoire amène le patient à vivre sa maladie à domicile, à mi-chemin entre autonomie et isolement. Ce partage des symptômes à distance vient aussi pallier le manque de disponibilité des soignants à l’hôpital. En effet, « malgré la sévérité des symptômes rapportés après une chimiothérapie, les infirmiers et les médecins passent à côté de ces derniers dans la moitié des cas », témoigne le Dr Basch.

*valeur médiane

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