L’observation d’un singe en plein exercice de concentration nous en dit long sur l’activité cérébrale. Des chercheurs ont en effet repéré de nouveaux neurones dits sociaux qui se mettent au travail seulement lorsque l’animal est entouré. Une découverte applicable chez l’Homme ?

Seul ou accompagné, ce n’est pas pareil ! D’ailleurs, l’activité cérébrale le confirme. Selon des chercheurs français*, il existerait des neurones qualifiés de sociaux. Ces derniers s’enclencheraient uniquement lorsque vous êtes en présence de quelqu’un et influenceraient le comportement. Ce qui expliquerait pourquoi la manière d’être diffère toujours un peu en fonction de ceux qui vous entourent !

Pour le prouver, des scientifiques** ont incité des singes à associer une image sur un écran à l’une des 4 cibles réparties dans les coins de ce même support. Une tâche faisant appel au cortex pré-frontal, impliqué dans les fonctions exécutives et cognitives. Et « non aux aires cérébrales dites sociales ». Chaque jour, « un enregistrement de l’activité électrique des neurones dans cette région cérébrale a été effectué, alors que les singes effectuaient cette même activité en présence ou en l’absence d’un congénère ».

Un pas en avant pour comprendre la schizophrénie et l’autisme ?

Résultats, « certains neurones (sociaux) ne s’activent fortement que lorsque le congénère est présent alors que d’autres (asociaux) ne s’activent fortement qu’en l’absence du primate ». Autre fait, plus les neurones sociaux se mettent à travailler en présence d’un autre singe, plus le primate réussit la tâche proposée. Comme si la présence d’un autre animal stimulait ses capacités de concentration. Par ailleurs, lorsque les neurones sociaux s’activent alors que le singe est seul, la réalisation de l’exercice en pâtit. Idem lorsque les neurones asociaux s’activent quand le singe est entouré.

Transposées chez l’Homme, ces observations « révèlent l’importance du contexte social dans le fonctionnement de l’activité neuronale et ses conséquences sur le comportement », notent les scientifiques. Elles permettent aussi « de repenser le cerveau social ainsi que certains troubles du comportement caractéristiques de l’autisme ou de la schizophrénie ».

*Aix-Marseille Université/Inserm du Laboratoire de psychologie sociale et cognitive (Université Clermont Auvergne/CNRS), Institut de psychologie sociale et cognitive (Université Clermont Auvergne/CNRS), Institut de neurosciences de la Timone (Aix-Marseille Université CNRS)

**Marie Demolliens, Driss Boussaoud, Pascal Huguet

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