Le recours à la chirurgie bariatrique est de plus en plus fréquent en France. Ainsi depuis 2010, le nombre de ces interventions permettant une perte de poids a doublé. Mais selon la Haute Autorité de Santé (HAS), les protocoles pré-opératoires ne sont pas suffisamment mis en place.

Intervention délicate, la chirurgie bariatrique est proposée aux patients diagnostiqués pour une obésité morbide. En réduisant la taille de l’estomac, cette opération enclenche une importante perte de poids dans les semaines et mois suivant l’opération. Mais plusieurs critères de sélection s’imposent avant de pouvoir en bénéficier. Ainsi, la prise en charge pré-opératoire permet – à travers plusieurs consultations – d’évaluer la stabilité mentale du patient et les risques de comorbidité comme l’insuffisance cardiaque. Les médecins prodiguent aussi des recommandations nutritionnelles et d’hygiène de vie, capitales pour augmenter les chances de réussite de l’opération.

Une phase essentielle donc. Pour autant, « une grande partie des patients ne bénéficierait pas d’une prise en charge pré-opératoire suffisante pour assurer la pertinence et la réussite de leur chirurgie », explique la HAS. Pour appuyer ses propos, l’autorité a recueilli les méthodes de suivi auprès des 501 établissements de santé pratiquant la chirurgie bariatrique. Sur les 172 réponses obtenues, « seulement 6 patients sur 10 ont bénéficié à la fois d’un bilan de leurs comorbidités, d’un bilan endoscopique et d’une évaluation psychologique ». Et « seules les opérations de 4 patients sur 10 ont été décidées dans le cadre d’une concertation entre plusieurs professionnels et fait l’objet d’une communication avec le médecin traitant ».

Associée aux professionnels et associations, la HAS préconise donc « d’étendre à tous les établissements de santé et dès 2017 » l’intégration de cette phase pré-opératoire.

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