Contre l’épilepsie, du sport sur ordonnance

[12 septembre 2013 - 16h19] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h58]

L’épilepsie constitue le trouble neurologique le plus répandu. ©Phovoir

Halte aux idées reçues !  L’épilepsie ne constitue pas une contre-indication à la pratique de certains sports. Selon une étude suédoise, l’activité physique limiterait même le risque de développer ce trouble neurologique dont souffrent 500 000 à 750 000 Français. A condition de bien choisir sa discipline.

Un nouveau traitement pour limiter le risque de convulsions à répétition et les soudaines pertes de conscience ? Aujourd’hui, une trentaine de médicaments existe dans la prise en charge de ces troubles caractéristiques de l’épilepsie. Mais un petit nouveau pourrait faire son arrivée sur l’ordonnance des patients : le sport !

Des médecins suédois ont réalisé une étude auprès de… 1,17 million de personnes dont 6796 patients épileptiques. Ils montrent ainsi les patients les plus résistants (donc les plus entraînés) voyaient leur risque de déclencher une crise réduit de 79 % par rapport aux moins entraînés. Et de 36 % en comparaison avec ceux du niveau intermédiaire Comment l’expliquer ? « En stimulant la zone motrice du cortex, l’activité physique vient rehausser le seuil d’excitabilité des neurones, anormalement bas chez la personne épileptique », souligne le Pr Arnaud Biraben, neurologue au CHU Pontchaillou à Rennes, et président de la Ligue française contre l’Epilepsie (LFCE).

Ne pas lésiner sur les sports collectifs !

Sports collectifs, endurance (gymnastique au sol, arts martiaux, yoga, vélo…) sont, entre autres, de bons stimulants. Si vous êtes concernés, préférez donc les activités douces et surtout encadrées afin d’éviter les risques liés à l’isolement en cas de crise. A bannir toutefois : les sports de combat (boxe) et toute discipline comme l’alpinisme, la natation, la plongée sous-marine et le parachutisme.

« Dans 98 % des cas, les crises surviennent en dehors de toute activité sportive », précise le Pr. Arnaud Biraben. Pourquoi alors cette réticence à combiner sport et trouble épileptique ? Outre la crainte d’une crise, la peur du regard de l’autre,  les médicaments peuvent aussi diminuer les performances sportives. D’où l’intérêt de bien choisir son activité en fonction de ses capacités. Si vous êtes concerné, surtout interrogez votre médecin. Il vous guidera concernant le choix de la discipline.

Ecrit par : Laura Bourgault  – Edité par : David Picot

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