Dénutrition : un fléau grave mais évitable

[19 octobre 2016 - 10h41] [mis à jour le 19 octobre 2016 à 17h08]

En France, 2 millions de personnes souffrent de dénutrition. Cet état de santé entraîne de graves complications notamment auprès de la population malade. Pour participer à la prévention sanitaire et politique, direction le Collectif de lutte contre la dénutrition.

 Créé début 2016, le Collectif de lutte contre la dénutrition rassemble patients, aidants, proches, associations et professionnels de santé. Mais aussi économistes, philosophes, anthropologues et sociologues. En croisant leurs points de vue, ces derniers ont rédigé un manifeste. A signer en ligne à compter du 19 octobre, ce document met en lumière une réalité économique : « la prévention de la dénutrition coûte réellement moins cher, à terme, que son traitement ». Plusieurs propositions sont donc mises en perspective pour limiter l’ampleur de ce fléau :

  • Améliorer la sensibilisation en faisant de la dénutrition la Grande Cause Nationale 2018. Mais aussi en améliorant la formation des professionnels médicaux, paramédicaux, des proches et des aidants quant aux habitudes préventives et risques de complications ;
  • Renforcer les prises en charge: « nourrir correctement 100% des personnes malades », « imposer la présence d’un médecin nutritionniste et 10 diététiciens pour 600 lits d’hôpitaux et doter chaque structure de soins d’un référent dénutrition » ;
  • Amorcer de nouvelles politiques sanitaires, via l’instauration d’un Plan de lutte contre la dénutrition 2018-2021, la fixation d’un objectif « zéro personne âgée en situation de dénutrition » ou encore la création d’un Comité de pilotage de la dénutrition infantile ;
  • Muscler la prévention, en mettant en place un suivi de la masse pondérale des patients dénutris lors d’un transfert de l’hôpital au domicile. Et en privilégiant la saveur dans la cuisine, source de plaisir et donc d’une alimentation équilibrée.

La dénutrition en clair

La dénutrition est définie comme un déficit énergétique et protéique de l’organisme. Multifactorielle, elle peut être causée « par une insuffisance des apports alimentaires, par une augmentation des pertes ou par une association » de ces deux facteurs.  Elle se caractérise par un « indice de masse corporelle (IMC) situé au-dessous des courbes minimales et par une perte de poids involontaire de plus de 5% en un moins ou de plus de 10% en six mois ».

En France, la dénutrition touche aujourd’hui l’équivalent de la population parisienne, soit 2 millions de personnes. Voilà trente ans que cette situation perdure et tend même à gagner du terrain. Principales explications, l’augmentation de l’espérance de vie, le creusement des inégalités de santé se répercutant dans les assiettes et la hausse de l’incidence des maladies chroniques. « De nombreuses pathologies comme l’insuffisance respiratoire, cardiaque ou rénale entraînent en effet une augmentation des besoins nutritionnels et donc un risque de dénutrition ». Et chez nos aînés, les pathologies neurodégénératives telles que la maladie de Parkinson et d’Alzheimer favorisent aussi la difficulté à bien s’alimenter.

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