Dossiers-concurrenceL’affaire Avastin®/Lucentis® prend de l’ampleur en France. L’Autorité de la concurrence confirme ce mercredi « que des opérations de visite et saisie inopinées ont été réalisées le 8 avril dans le secteur de la commercialisation de traitements contre la DMLA ». Une nouvelle étape après la lourde amende infligée aux deux laboratoires pharmaceutiques concernés – Roche et Novartis –  par l’Autorité de la concurrence italienne.

Dans un communiqué de presse, l’Autorité de la concurrence (française) stipule que ses services « ont procédé le 8 avril 2014 (…) à des opérations de visite et saisie inopinées auprès d’entreprises suspectées d’avoir mis en œuvre des pratiques anticoncurrentielles dans le secteur de la commercialisation des traitements anti-angiogéniques de la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) exsudative ».

Les entreprises se sont-elles entendues pour « pour avoir bloqué la vente d’un traitement oculaire moins cher » (Avastin®, n.d.l.r.) que celui actuellement sur le marché » ? C’est en effet ce que suggère le Bureau européen des Unions de Consommateurs (BEUC).

Vers une instruction ?

L’Autorité de la Concurrence ajoute qu’à ce stade, « ces interventions ne préjugent bien évidemment pas de la culpabilité des entreprises concernées par les pratiques présumées, que seule une instruction au fond permettra le cas échéant d’établir ».

Rappelons que les deux molécules sont sorties du même « pipe-line », celui du laboratoire Genentech. Lequel ensuite a cédé ses brevets à Roche d’abord, pour le bévacizumab (Avastin®) que le laboratoire a destiné dans un premier temps à la prise en charge de certains cancers, digestifs notamment. Quant à Novartis, il a pu acquérir les droits du ranibizumab (Lucentis®) qui dispose d’une AMM dans le traitement de la DMLA. Sur le plan juridico-financier, Genentech appartient entièrement à Roche, chez qui Novartis détient 33,3% des droits de vote…

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