Traitement utilisé en chimiothérapie, le docétaxel est à éviter temporairement dans le traitement du cancer du sein localisé et opérable. Une mesure annoncée par l’ANSM suite à l’évaluation des autorités européennes ce 19 avril. Soit deux mois après l’annonce des 7 décès par entérocolites associés à cette molécule commercialisée sous le nom de Taxotere®.

Il est « recommandé d’éviter temporairement l’utilisation de docétaxel dans les cancers du sein localisés et opérables », a révélé l’ANSM, conjointement avec l’Institut national du Cancer (INCa) ce 19 avril, après évaluation du Comité pour l’Evaluation des Risques en matières de Pharmacovigilance (PRAC). Une décision prise suite à l’annonce des 7 décès français provoqués par cette molécule. Précisément, les patientes traitées pour un cancer ont été victimes d’une « entérocolite d’issue fatale » sur terrain neutropénique. Trouble du système sanguin constituant l’effet indésirable le plus fréquemment rapporté avec le docétaxel.

« Tous ces cas concernaient des femmes, âgées de 46 à 73 ans, traitées par docétaxel, en monothérapie ou en association, en situation adjuvante ou néo-adjuvante de cancer du sein », précisait l’agence le 16 février. L’effet indésirable a provoqué le décès brutal par choc septique de toutes ces patientes.

Des bénéfices sur l’espérance de vie à ne pas oublier

De la famille des taxanes, le docétaxel est également employée en chimiothérapie dans la prise en charge du cancer du poumon, de la prostate mais aussi des cancers ORL et des adénocarcinomes gastriques.
Ainsi, tous cancers confondus, le Taxotère® et ses génériques sont d’ailleurs suspectés d’engendrer d’autres effets indésirables. Rapportés au niveau national, ces derniers font désormais l’objet d’une évaluation du profil de tolérance des spécialités à base de docétaxel par les autorités européennes. « Une prochaine discussion aura lieu par le PRAC au mois de juin. »

Le tableau de cet anti-cancéreux est donc plutôt gris. Mais dans son communiqué du 19 avril, l’ANSM rappelle la position de l’Agence européenne du médicament (EMA). Autorité selon laquelle le docétaxel reste « une option thérapeutique importante ayant démontré un effet sur l’augmentation de la durée de vie chez les patients atteints de cancer ». Outre la tumeur du sein localisée, l’EMA « maintient que ce produit peut être utilisé conformément aux recommandations de l’AMM ».

A noter : en 20 ans, le docétaxel a provoqué 187 cas de colite ou de chocs septiques dont 48 décès.

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