Douleurs : le Myolastan® et ses génériques bientôt suspendus

[02 juillet 2013 - 16h13] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h57]

Le Myolastan est commercialisé en France depuis 1969.©Phovoir

L’Agence européenne du Médicament (EMA) a décidé de suspendre toutes les spécialités à base de tétrazepam, une benzodiazépine plus connue sous son nom commercial : le Myolastan®. La décision prendra effet à partir du 8 juillet prochain. Elle concerne l’ensemble des Etats-membres de l’Union européenne.

Le tétrazépam est une substance active appartenant à la classe thérapeutique des benzodiazépines. Il est utilisé pour son activité myorelaxante. Commercialisés depuis 1969, les médicaments contenant du tétrazépam sont indiqués dans le traitement des contractures musculaires douloureuses en rhumatologie. Réservées à l’adulte, ces spécialités sont soumises à prescription médicale.

Son rapport bénéfice/risque a été réévalué à partir de janvier 2013, à la suite du signalement de réactions cutanées graves : syndrome de Stevens-Johnson, syndrome de Lyell et syndrome d’hypersensibilité médicamenteuse. A l’issue de ce travail, la Commission européenne a tranché. Comme elle l’indique dans une lettre aux professionnels de santé, l’Agence nationale de Sécurité du Médicament et des produits de Santé (ANSM) « a adopté la recommandation de l’EMA de suspendre les autorisations de mise sur le marché (AMM) des médicaments à base de tétrazepam ».

Quelles alternatives thérapeutiques ?

En conséquence, les médecins sont d’ores et déjà appelés à ne plus instaurer ni renouveler de traitement par tétrazepam. L’ANSM ajoute que « la problématique du sevrage ne devrait pas se poser pour cette benzodiazépine », étant donné notamment qu’elle « est utilisée sur de courtes périodes ».

Si vous prenez cette molécule, interrogez votre médecin pour envisager « une alternative thérapeutique appropriée ». Que celle-ci soit médicamenteuse ou non. L’ANSM indique par ailleurs qu’une mise à jour des recommandations de la prise en charge des contractures musculaires est également en cours, sous l’égide de la Haute Autorité de Santé (HAS).

Ecrit par : David Picot – Edité par : Dominique Salomon

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