Drogues chez les lycéens : une consommation en baisse ?

[06 février 2018 - 15h26] [mis à jour le 06 février 2018 à 15h29]

Selon l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), la consommation de tabac, d’alcool et de cannabis chez les jeunes serait globalement en baisse depuis les années 2000. Et qu’en est-il du poppers et autres solutions buvables ? Le point substance par substance.

Menée par l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) depuis 2000, l’enquête ESCAPAD 2017* a été menée auprès de 46 054 lycéens. Les résultats du premier volet sont publiés ce mardi 6 février. L’usage des trois substances psychoactives les plus consommées y est mesuré : l’alcool, le tabac et le cannabis. Plus rare, l’utilisation de produits illicites ou détournés fait aussi l’objet d’une évaluation précise.

Tabac, alcool …

Résultats, « 59% des jeunes de 17 ans déclarent avoir essayé le tabac au cours de leur vie ». Contre « 68,4% en 2014 ». La consommation quotidienne est passée de 32,4% à 25,1%. L’usage de la cigarette électronique en revanche n’évolue pas : 53,3% des jeunes ont déjà vapoté en 2017, contre 52,4% en 2014.

L’alcool reste la substance la plus consommée. « Deux tiers des lycéens inclus dans l’étude en ont bu au cours du mois écoulé (66,5% contre 72% en 2014). » Autre point, les usages réguliers, c’est-à-dire 10 épisodes alcoolisés par mois, « sont en baisse de 4 points : 8,4% contre 12,3% en 2014 ». Et les garçons sont 3 fois plus exposés à cette consommation. La plupart des épisodes alcoolisés sont vécus en présence d’amis, « mais une part non négligeable des jeunes (29,8%) signale un usage en présence des parents ».

Et les drogues illicites ?

Concernant le cannabis, entre 2000 et 2017, l’expérimentation est passée de 47,8% à 39,1%. Depuis 2000, cette donnée n’était passée en dessous des 40%. Et l’usage régulier de cette substance illicite a diminué de 9,2% à 7,2%. En revanche, les gros consommateurs sont de plus en plus nombreux : 24 ,9% en 2017 contre 21,9% en 2014.

Excepté le cannabis, les drogues illicites n’intéressent qu’une minorité de jeunes. Seuls 6,8% d’entre eux (contre 8,8% en 2014) en ont déjà fait l’expérience. « La MDMA/ecstasy demeure la plus citée même si sa diffusion est en repli après une forte hausse entre 2011 et 2014. La cocaïne se situe à 2,8% ». Idem «  concernant les champignons hallucinogènes ». Enfin, l’expérimentation de « poppers, de produits à inhaler et de purple drank** sont respectivement de 8,8%, 3,1% et 8,5% ».

Comme le rappelle la Fédération Addiction, la prévention doit rester de mise « en informant, en régulant l’accès aux substances par des règles, des taxes et mesures restrictives (interdit aux mineurs, limitation de la publicité et des opérations de marketing, limitation des lieux de vente…) ». Il faut aussi « renforcer le libre arbitre par la mise en œuvre de programmes de compétences psycho-sociales ». Dernier levier pour éloigner les jeunes de l’entrée dans la dépendance : « anticiper l’aide en diminuant le temps entre les premières expérimentations et les premières réponses éducatives et thérapeutiques. »

*De précédentes enquêtes ESCAPAD ont été menées en 2000, 2001, 2002, 2003, 2005, 2008, 2011 et 2014

**mélange de sirop codéine antalgique et de soda

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