Selon une équipe française, une alimentation riche en fromage dès le plus jeune âge pourrait réduire le risque de développer des  allergies alimentaires ou des maladies dermatologiques comme l’eczéma.

Depuis une quarantaine d’année, les pays industrialisés observent une augmentation des maladies allergiques et de l’asthme. Une hausse due notamment « à l’accroissement du niveau d’hygiène et à la diminution des maladies infectieuses et des contacts microbiens dans la petite enfance », explique l’Institut national de la Recherche agronomique (Inra).

Différents travaux ont déjà mis en avant l’intérêt d’une alimentation diversifiée durant la petite enfance. Dans une étude* qui vient de paraître dans la revue Allergy, des chercheurs de l’Inra et du CHU de Besançon se sont plus particulièrement intéressé à la consommation de fromage, un aliment riche en diversité microbienne.

Du fromage entre 1 an et 18 mois !

Ils ont donc collecté les données alimentaires de 931 enfants, de leur naissance à leur sixième anniversaire. Résultat, et non des moindres, « la consommation de fromage entre 12 et 18 mois était associée à une réduction significative du risque de dermatite atopique (eczéma) à 6 ans et d’allergie alimentaire, mais aussi à un risque diminué de rhinite allergique, d’asthme et de sensibilisation aux allergènes tant alimentaires qu’inhalés. » Notons que six types de fromage étaient consommés : fromage pressé, semi-pressé, à pâte molle, bleu, frais, de la ferme.

Pour le moment, il ne s’agit que d’un travail observationnel. Des futurs travaux devront donc déterminer si « la diminution du risque est liée à la diversité ou à la fréquence de consommation des fromages. Parallèlement, des analyses du microbiote intestinal chez les consommateurs de fromage pourraient aider à comprendre les mécanismes en jeux ».

Des résultats importants et encourageants. L’Inserm rappelle en effet que « la prévalence de la dermatite atopique est évaluée à 15-20%, celle de l’asthme à 7-10%, celle de la rhinite et de la conjonctivite allergique autour de 15-20%. La prévalence des allergies alimentaires oscillerait entre 2% chez l’adulte et 5% chez les enfants ».

*PATURE IV (Protection contre l’Allergie : éTUde du milieu Rural et de son Environnement – Volet IV) : Evaluation de l’effet protecteur des produits laitiers vis-à-vis de l’asthme et de l’allergie

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