Mortelle dans 20 à 90% des cas, l’épidémie Ebola impose la plus haute vigilance en Afrique de l’Ouest. Mais face à la méconnaissance du virus, une partie de la population préfère nier son existence. Pendant que d’autres, guidés par la peur, misent sur d’hypothétiques traitements.

« L’ampleur et la durée de la flambée de maladie à virus Ebola et le taux de létalité qui lui est associé ont engendré un niveau élevé de peur et d’anxiété dans l’opinion publique», notent les experts de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Beaucoup ont perdu au moins l’un de leurs proches, et la population locale est chaque jour confrontée à cette épidémie hors de contrôle.

« Souvent la peur est plus forte que la science, les émotions plus fortes que la raison », a partagé Gregory Härtl, chargé de communication de l’OMS sur son compte Twitter. Preuve en est, le 17 août à Monrovia (capitale du Liberia), un centre d’isolement a été pillé par des hommes armés, clamant que le virus n’existait pas sur le sol africain. Ils ont ainsi provoqué la fuite de 17 des 29 malades hospitalisés et dérobé du matériel médical.

Des réactions opposées

D’autres choisissent le repli plutôt que la violence. « Comme il n’existe aucun traitement contre Ebola, beaucoup de victimes potentielles préfèrent rester chez elles pour y mourir, et refusent toute prise en charge médicale », continue l’OMS. Les membres de certaines familles en viennent même à refuser l’hospitalisation de leurs proches, pourtant testés positifs au virus Ebola. Raison pour laquelle « le nombre de cas affectés par Ebola est sûrement sous-estimé ».

Et cela sans compter la disparition de malades dans la nature. Par peur d’être infectés, certains rejettent des membres de leur propre foyer, au simple motif qu’ils ont côtoyé des malades. Or, comme le rappelle l’OMS, « le virus Ebola est extrêmement contagieux mais seulement dans des conditions très particulières, à savoir un contact étroit avec les liquides biologiques (sang, sueurs…) d’une personne ou d’une dépouille mortelle infectée. En dehors de ces possibilités très particulières d’exposition au virus, le grand public n’est pas exposé à un risque élevé d’infection ».

Une tradition trop ancrée ?

Et pourtant, dans les zones rurales notamment, beaucoup restent hermétiques aux messages sanitaires. Ainsi des familles continuent-elles d’enterrer leurs proches victimes de l’épidémie, selon les rites traditionnels,sans aucune mesure d’hygiène.

Par ailleurs, la peur de la mort pousse certains patients à croire en de faux remèdes. Au Nigéria, au moins deux personnes sont décédées après avoir absorbé de l’eau salée, dont la rumeur prétendait qu’elle pourrait les protéger. Pourtant, « il n’existe aucune preuve que ce mélange aide à apaiser quelques symptômes de la maladie », avait confirmé l’OMS.

Rappelons que face à la virulence d’Ebola, « une prise en charge précoce reste l’une des mesures les plus efficaces » ne cessent de marteler les autorités.

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