La flambée du virus Ebola se poursuit en Guinée. Elle gagne même du terrain puisque de nouveaux cas ont été rapportés dans des zones jusque-là épargnées. Au total, 291 cas dont 193 décès ont été recensés depuis le début de cette épidémie particulièrement dispersée. Ce qui représente « un de ses principaux défis » d’après Marie-Christine Ferir, coordinatrice du programme d’urgence de Médecins sans frontières (MSF).

A la date du 28 mai, 291 cas de fièvre hémorragique Ebola avaient été recensés par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) en Guinée. Dont 193 mortels. Mais ces chiffres sont en constante évolution, car de nouveaux cas sont régulièrement rapportés. Certains proviennent même de zones jusque-là épargnées par l’épidémie, comme Télimélé et Boffa, deux villes situées au nord de Conakry. « Il s’agit de cas importés de la capitale », indique Marie-Christine Ferir. Par ailleurs, 493 personnes ayant été en contact avec une des victimes sont encore sous surveillance. « Un travail difficile car les gens se déplacent beaucoup », explique-t-elle.

« Ebola n’existe pas… »

C’est d’ailleurs pourquoi cette épidémie est si dispersée. « C’est la première fois qu’une flambée d’Ebola survient dans une zone frontière entre trois pays, la Guinée, la Sierra Leone et le Libéria ». Résultat, de nouveaux cas sont importés dans de nombreuses zones isolées. « Parfois, il faut faire une heure de voiture puis deux heures à pied pour rejoindre les villages où vivent les personnes contacts », souligne Marie-Christine Ferir.

C’est le cas dans la zone de Guédékou notamment, une des premières touchées. Un travail de longue haleine, d’autant que nombreux sont encore les Guinéens qui « ne croient pas qu’Ebola existe vraiment ou vivent dans le déni et ne signalent pas un malade ». De plus, le suivi consiste à rendre visite aux personnes concernées au moins… tous les deux jours !

Les funérailles, haut lieu de contamination

Résultat, « de nouveaux cas ne cessent d’être signalés. » Or pour lutter efficacement contre la transmission de cette pathologie à fort taux de létalité, « il faut pouvoir encadrer les funérailles et informer les populations », insiste Marie-Christine Ferir. Car « les deux amplificateurs de l’épidémie sont les enterrements – auxquels assiste la famille parfois venue de loin – et les contaminations entre patients et soignants, famille ou amis ».

En Guinée, le corps du défunt est traditionnellement lavé par les proches. « Dans un cas d’Ebola, il faut éviter tout contact sans protection. Lorsque c’est possible, une équipe de la Croix-Rouge effectue les soins. » Mais pour contrer les fausses rumeurs concernant le vol d’organes par exemple, il faut que les proches puissent assister à l’opération, voir le corps du mort… Le but étant que la population ait confiance. « Et nous n’en sommes pas encore là… », se désole-t-elle. « Il faut absolument rappeler que si Ebola est une maladie grave et mortelle, il est possible d’en guérir. Surtout si les malades sont pris en charge très tôt. »

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