Grossesses adolescentes : La Réunion, contre-exemple français

[09 avril 2013 - 17h02] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h56]

Trois quart des adolescentes interrogées n’utilisaient pas de contraceptifs le mois où la grossesse a débuté. ©Phovoir

Juste derrière la Guyane, l’île de la Réunion est le deuxième département français en termes de grossesses précoces. Dans ce Département d’Outre-Mer (DOM), le nombre d’IVG est, en outre, en constante progression depuis plusieurs années. Une enquête publiée ce mardi dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) impute cette situation à la « méconnaissance des moyens contraceptifs » et au « manque d’anticipation des rapports sexuels ».

Le nombre d’accouchements de jeunes filles mineures est 7 fois plus important à la Réunion qu’en métropole. Il reste toutefois relativement stable au cours du temps. En revanche, la proportion des interruptions volontaires de grossesse (IVG) dans cette tranche d’âge est passée de 6,2% en 1996 à 12% en 2008 dans ce département. Soit deux fois plus qu’en France métropolitaine.

Pour mieux comprendre ce phénomène, Sarah Arnoulx de Pirey, de l’Institut de Veille sanitaire (InVS), a interrogé 145 adolescentes. Parmi elles, 97 avaient eu recours à une IVG entre les mois d’avril et octobre 2009, et 48 avaient accouché dans la même période.

Des méthodes contraceptives méconnues

Concernant les jeunes mères (48), elles semblent souvent avoir décidé d’avoir un enfant. En effet, « plus de la moitié (52%) désirait cette grossesse ». Et 23,4% de leurs propres mères avaient elles-mêmes eu une première grossesse avant l’âge de 18 ans.

Toutefois, « parmi les 145 adolescentes (dont 97 ont eu recours à une IVG n.d.l.r.), près d’un quart n’avaient jamais employé un moyen contraceptif », note Sarah Arnoulx de Pirey. Pour 5,6% d’entre elles, le retrait ou la période du cycle ont même été cités comme des « méthodes » utilisées. « Plus d’un tiers a en outre, fait part d’un manque d’anticipation des rapports sexuels (pas de partenaires réguliers, rapports non prévus…). »

Pour réduire le nombre des grossesses adolescentes, et en particulier celui des IVG, l’auteur recommande de « renforcer l’accompagnement des adolescentes à toutes les étapes de leur vie sexuelle ». Ainsi que « le rôle du médecin généraliste. » Et pour tout savoir sur les moyens de contraception, rendez-vous sur le site : http://www.choisirsacontraception.fr.

Ecrit par : Dominique Salomon – Edité par : David Picot

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