Journée mondiale des solitudes : pourquoi faut-il promouvoir la santé sociale ?

22 janvier 2026

La Fondation de France publie les résultats de sa 15ème étude sur les solitudes en France. Si l’isolement est plus prononcé en milieu rural, le sentiment d’isolement est plus fort dans les grandes villes. 

Vendredi 23 janvier se tient la Journée mondiale des solitudes. A cette occasion, la Fondation de France publie la 15e édition de son étude sur les solitudes.

Quel distinguo entre l’isolement et la solitude ?

Selon la Fondation de France, l’isolement désigne la situation d’une personne physiquement coupée des autres, caractérisée par la rareté des liens dans différentes sphères de la vie sociale : famille, amitiés, relations professionnelles, de voisinage ou associatives… Quant à la solitude, elle correspond à un ressenti subjectif de manque ou d’insatisfaction dans les relations sociales. Elle ne coïncide pas nécessairement avec l’isolement : une personne isolée peut ne pas se sentir seule, tandis qu’une personne entourée peut éprouver de la solitude.

Plus d’isolement à la campagne, plus de solitude en ville

Selon l’étude, l’isolement est largement plus prononcé en zone rurale avec 14 % des habitants qui sont isolés (+ 3 points en trois ans) contre 9 % des Parisiens et des habitants des grandes villes. Dans ces grandes agglomérations, le sentiment de solitude est, quant à lui, plus présent : 28 % des habitants des villes de plus de 100 000 habitants se sentent seuls, contre 21 % en milieu rural.

L’isolement des personnes les plus fragilisées

L’étude constate aussi des fractures sociales, ce qui confirme le lien entre fragilité économique, physique et isolement relationnel. Les chiffres sont éloquents :

  • 16 % des personnes aux revenus modestes sont isolées, c’est 3 fois plus que les personnes disposant de hauts revenus ;
  • 20 % des personnes au chômage sont en situation d’isolement relationnel, soit 3 fois plus que les actifs occupés ;
  • le sentiment de solitude touche 45 % des personnes au chômage, contre 25 % des actifs ;
  • 30 % des personnes dont la santé est fragilisée sont isolées.

Selon la Fondation de France, les associations sont des piliers majeurs du lien social. Pour les personnes seules, « elles constituent des espaces de reconstruction, des lieux de sociabilité régulière et sécurisante et parfois les seuls liens stables du quotidien. Lorsque l’accompagnement débouche sur un engagement bénévole, le sentiment de solitude recule fortement : le passage du statut d’aidé à celui d’acteur renforce l’estime de soi, le sentiment d’utilité et la reconnexion sociale ». L’étude pointe aussi le potentiel sous-estimé des petits commerces pour créer du lien.  

La perte de lien, un facteur de risque pour la santé physique et mentale

Selon l’OMS, les liens sociaux solides sont associés à un meilleur état de santé et une plus grande longévité. Dans une communication de juillet 2025, intitulée « Solitude et isolement, la menace cachée pour la santé mondiale que nous ne pouvons plus ignorer », l’OMS écrivait : « la solitude et l’isolement social ne sont pas simplement des états émotionnels, ils peuvent être mortels. Entre 2014 et 2019, plus de 871 000 décès par an, soit l’équivalent de 100 décès par heure, ont été liés à la solitude. Nous avons maintenant des preuves irréfutables que la santé sociale – notre capacité à former et à entretenir des liens humains qui aient du sens – est tout aussi essentielle à notre bien-être que la santé physique et mentale. Pourtant, pendant bien trop longtemps, les systèmes de santé et les décideurs ne s’en sont pas préoccupés ».

La perte de lien, liée à l’isolement ou à la solitude, peut avoir de lourds retentissements sur la santé. Elle contribuerait à l’apparition de :

  • maladies cardiovasculaires dont l’infarctus du myocarde et l’accident vasculaire cérébral ;
  • troubles dépressifs ;
  • anxiété ;
  • démence : l’isolement est un facteur de risque de la maladie d’Alzheimer ;
  • décès prématuré ;
  • cancer : une étude publiée en 2025 notamment a montré un lien entre l’isolement social et le risque de cancer ou son évolution négative.

La perte de lien « peut également se traduire par de piètres résultats scolaires et professionnels, et son coût pour les économies et les sociétés se chiffre chaque année en milliards », ajoute l’OMS. Comme les associations ou diverses initiatives dans le monde citées par l’OMS, les interventions en faveur du lien social peuvent être des réussites. L’OMS invite l’ensemble des acteurs à faire de la santé sociale une priorité politique.

  • Source : Fondation de France, OMS

  • Ecrit par : Dorothée Duchemin – Edité par Emmanuel Ducreuzet

Destination Santé
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