La cigarette électronique en pharmacie ? Les eurodéputés disent NON !

[08 octobre 2013 - 15h45] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h58]

En 2013, plus d’un million de français utilisent régulièrement la cigarette électronique.

La cigarette électronique ne deviendra pas un médicament, pour le moment en tout cas.  Ce mardi 8 octobre, le Parlement européen a rendu publique une proposition de loi concernant la révision de la “directive tabac”. Cigarette électronique, publicité, saveurs… Plusieurs mesures ont été annoncées afin de réduire la consommation, notamment celle des plus jeunes. Et enrayer un fléau qui tue chaque année 700 000 Européens, dont 73 000 Français.

Le sort réservé à la cigarette électronique était particulièrement attendu. Résultat, ce produit restera en vente libre. L’e-cigarette ne sera donc pas disponible en pharmacie. « Tant qu’aucune étude clinique ne confirme l’innocuité de cette aide au sevrage, l’e-cigarette ne prendra pas le statut de médicament », a précisé Linda McAvan, rapporteur de la commission sur les produits du tabac.

« Interdites à la vente aux mineurs, les cigarettes électroniques ne feront pas non plus l’objet de publicité », a-t-elle poursuivi. « Nous demandons également plus de transparence sur la composition de ces produits pour que chaque utilisateur sache précisément ce qu’il inhale ».

Aujourd’hui personne ne peut présager des effets du “vapotage” sur le long terme. Pas plus que l’on ne pouvait prévoir le soudain succès de cette alternative au tabac. Actuellement, sur les 13,5 millions de fumeurs que compte la France, entre 8% et 10% utilisent l’e-cigarette pour tenter d’arrêter.

Les additifs hors-la-loi

Les eurodéputés se sont également prononcés pour l’interdiction des cigarettes aromatisées (menthe, fraise…), « qui rendent le produit plus attrayant en le dotant d’un parfum caractéristique ». En revanche, les cigarettes fines restent sur le marché contrairement aux paquets de moins de 20 cigarettes.

Ils préconisent également d’accroître la visibilité des avertissements sanitaires sur les paquets. Ainsi les messages devront-ils occuper les 2/3 de chacune des deux faces principales. Actuellement, ils ne sont visibles que sur 30 % du recto et 40 % du verso. « Au Canada, ces mesures mises en place en 2001 ont permis de diviser le nombre de jeunes fumeurs par deux », précise Linda McAvan.

Applicable quand? Le Parlement ajoute qu’ “une fois la législation adoptée, les Etats membres devront traduire la directive en droit national au plus tard 18 mois après son entrée en vigueur, 36 mois pour les dispositions relatives aux additifs. Les produits du tabac non conformes à la directive seront tolérés sur le marché durant 24 mois, 36 mois pour les cigarettes électroniques”.

Réactions positives

Dans un communiqué conjoint, la Ligue contre le Cancer, l’Alliance contre le Tabac, le Comité national contre le Tabagisme et les Droits des non-fumeurs ont salué la proposition de loi annoncée ce mardi.

« Le vote massif des parlementaires européens est une victoire pour la santé publique (…). La révision de la Directive européenne relative aux produits du tabac constitue une véritable opportunité pour le renforcement des mesures visant à protéger les plus jeunes des méfaits du tabagisme ».

 

Ecrit par : Laura Bourgault  – Edité par : David Picot

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