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Le régime cétogène, ou régime Keto, est un régime très riche en graisses et très pauvre en glucides. Ce mode d’alimentation provoque l’état de cétose, c’est-à-dire la production de corps cétoniques par l’organisme. « Ces molécules sont fabriquées à partir des graisses, quand les réserves en sucre de l’organisme sont épuisées, explique l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE). Le sucre n’étant plus disponible comme source d’énergie, l’organisme va puiser dans les graisses pour produire des corps cétoniques qui seront utilisés à sa place pour lui fournir de l’énergie ». Ce processus physiologique porte le nom de lipolyse.
En pratique, l’apport en sucre est drastiquement réduit dans le régime cétogène et donc via les aliments les plus riches en sucre. Il s’agit des sucreries (bonbons, biscuits…) mais aussi des féculents (pâtes, riz, pommes de terre…), des légumineuses (lentilles, pois chiches…) et des fruits. En parallèle, la part d’aliments riche en graisses est fortement élevée : la crème, le beurre, les huiles… Ainsi, faute de sucre – les stocks de glucose n’étant plus approvisionnés – le corps est contraint à puiser dans les graisses pour s’approvisionner en énergie.
Dans ce régime, souligne l’Inrae, l’apport en protéines n’a pas d’influence. Le régime cétogène inclut donc des protéines en quantités modérées (fromage, œufs, poissons, viandes…). Quant aux légumes, ils sont autorisés. Toutefois, dans ce régime, la quantité de glucides ne devant pas dépasser 5 % des apports énergétiques, soit 50 grammes sur une journée, il est important de calculer leur apport en glucides.
L’Inrae rapporte que c’est Guillaume Guelpa, médecin français spécialiste du diabète, qui a préconisé le jeûne au début du 20e siècle pour lutter contre la maladie. Objectif : « obliger l’organisme à vivre sur ses ressources jusqu’à la combustion totale du sucre anormal existant dans les tissus », écrivait-il alors. Suivre un jeûne étant dangereux, un autre chercheur, Russell Morse Wilder, a proposé une alternative : remplacer le jeûne par une diminution drastique des glucides dans l’alimentation pour favoriser la lipolyse.
Cette méthode serait effectivement efficace pour contrôler son diabète. Selon l’Inrae, « la réduction drastique des apports glucidiques s’accompagne d’une amélioration du contrôle de la glycémie (taux de glucose dans le sang, dont l’élévation définit le diabète). Le régime cétogène semble pour cela plus efficace qu’un régime très pauvre en calories, mais dont les glucides ne sont pas exclus ». Attention toutefois, le régime cétogène ne guérit pas le diabète.
Le régime cétogène présenterait aussi un intérêt dans le traitement de l’épilepsie, notamment les formes sévères. « Les études montrent ainsi une réduction de la fréquence des crises d’épilepsie chez des enfants souffrant de formes résistantes aux traitements médicamenteux. Chez l’adulte, les résultats sont moins nets, ce qui ne signifie toutefois pas que le régime cétogène est inefficace », précise l’Inrae.
Quant aux affirmations qui présentent le régime cétogène comme efficace pour guérir du cancer, elles sont fausses selon l’Inrae : « Aucune preuve n’existe d’un quelconque bénéfice d’un régime pauvre en glucides durant le traitement d’un cancer. »
Le régime cétogène est réputé efficace, dans un premier temps, pour traiter l’obésité. La présence des corps cétoniques réduit la sensation de faim. Au bout de quelques jours, les apports caloriques sont réduits et ce même-ci les aliments gras peuvent être consommés à volonté. Mais l’Inrae pointe le rebond qui survient après l’arrêt du régime. « C’est pourquoi il n’est pas plus indiqué que les autres régimes hypocaloriques pour traiter l’obésité. »
Il y aurait d’autres limites. Selon une étude réalisée sur des rongeurs en 2025, et publiée dans la revue Science Advances, le régime cétogène pourrait présenter des risques sur le long terme. Les chercheurs ont montré qu’il entraînait une hyperlipidémie (trop de cholestérol LDL, le “mauvais”, dans le sang), une stéatose hépatique (le “foie gras”) et une intolérance sévère au glucose. Si ces résultats concernent à ce stade des modèles murins, les auteurs de l’étude appellent à la prudence. « Ensemble, ces résultats suggèrent qu’un régime cétogène à long terme entraîne de multiples anomalies des paramètres métaboliques, ce qui incite à la prudence quant à son utilisation systématique en tant qu’intervention diététique favorisant la santé. » L’avis d’un professionnel de santé, puis un suivi médical et diététique, sont indispensables.

Source : Inrae, Sciences advances

Ecrit par : Dorothée Duchemin – Edité par Emmanuel Ducreuzet