La santé en ligne prend son essor au sein de l’Union européenne. Un peu trop lentement toutefois selon la Commission européenne… Un chiffre illustre ce déploiement relatif : seuls 9% des hôpitaux en Europe permettent aux patients d’avoir accès à leur dossier médical en ligne. Les autorités européennes n’hésitent pas à parler d’un « retard ». Lequel concerne aussi la France.

La Commission a réalisé deux études pour mesurer « l’utilisation des outils et services numériques dans le secteur de la santé ». Autrement dit, celle des dossiers médicaux électroniques, des services de santé à distance et autres systèmes d’échanges d’informations. Ces travaux ont donc été réalisés auprès d’établissements hospitaliers de 30 pays européens – les 27 de l’UE plus la Croatie, l’Islande et la Norvège – et de médecins généralistes.

D’une manière générale, les pays « les plus actifs dans la pratique de la santé en ligne au sein du système hospitalier » sont le Danemark, l’Estonie, la Suède et la Finlande. Quant à la numérisation des dossiers médicaux personnels, elle est en pointe aux Pays-Bas (83%), au Danemark et au Royaume-Uni (80%). En revanche, à l’échelle continentale, seuls 9% des établissements hospitaliers autorisent les patients à accéder à leur dossier médical personnel.  

Peu d’évolution en France

Du côté des médecins, Neelie Kroes, vice-présidente de la Commission explique « que 6 généralistes sur 10 utilisent des outils de santé en ligne. Cela montre un intérêt de la part du corps médical mais il est temps de passer à la vitesse supérieure ! » Illustration avec l’ordonnance électronique, une réalité dans un pays comme l’Estonie où… 100% des médecins y recourent. Et 99% en Croatie. En France, cette e-prescription est toujours présentée comme « l’ordonnance de demain »

D’une manière générale, selon la Commission, notre pays se situe « juste en-dessous de la moyenne européenne » en matière d’e-santé. Elle ajoute que le recours aux systèmes de santé en ligne a progressé dans notre pays depuis 2010. Mais que « cette augmentation n’a pas été vraiment significative »…

Les réticences des médecins

Ce travail a également permis d’identifier les freins du côté des médecins. Ces derniers pointent l’absence d’incitations financières (79 %), le manque de connaissances en informatique (72%), la faible compatibilité des systèmes (73%) et l’absence de cadre réglementaire concernant la confidentialité et le respect de la vie privée dans la communication entre médecin et patient par courrier électronique (71%).

Neelie Kroes en est persuadée : « En exploitant au mieux les technologies numériques, nous pouvons réduire les coûts, améliorer l’efficacité des soins et aider les citoyens européens à jouer plus longtemps un rôle actif dans la société ».

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