Les compléments alimentaires dans le collimateur de l’ANSES

[08 octobre 2014 - 16h47] [mis à jour le 08 octobre 2014 à 16h52]

ansesLa consommation des compléments alimentaires et des aliments enrichis en vitamines, en minéraux et autres acides aminés connaît depuis quelques années un succès grandissant. C’est pourquoi, depuis 2010, l’ANSES est chargée d’une mission de Nutrivigilance pour identifier d’éventuels effets indésirables liés à leur utilisation. Après quatre ans de fonctionnement, l’Agence livre son premier bilan.

Pour prévenir la chute des cheveux, pour réguler le cholestérol ou  pour retrouver la forme. Un Français sur cinq consomme aujourd’hui des compléments alimentaires. « Leur offre évolue constamment » commente l’Agence nationale de Sécurité sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail (ANSES). « Ces produits, souvent perçus comme anodins par les consommateurs, peuvent néanmoins, dans certaines conditions, les exposer à des risques. »

Dans le cadre de Nutrivigilance, l’ANSES a invité les professionnels de santé à déclarer les effets indésirables qu’ils observent. Depuis la mise en place du dispositif, l’Agence a reçu 1 565 déclarations. Près de 8 cas rapportés sur 10 (76 %) concernent des compléments alimentaires. Notamment les produits minceurs, capillaires et hypocholestérolémiants. Les principaux effets recensés sont d’ordre hépatique, digestif et allergique.

Les 24% restants ont trait aux « aliments enrichis ou aux denrées destinées à une alimentation particulière » (dont 16% concernant les boissons dites « énergisantes »).

Un appel à la vigilance

L’analyse des signalements permet ainsi à l’ANSES d’établir des priorités en matière d’évaluation des risques. Dans le collimateur :

  • Les boissons dites « énergisantes ». « Ce sont des sodas enrichis qui ont essentiellement en  commun leur teneur élevée en caféine » explique l’ANSES. « Cette composition en fait des  boissons « excitantes » qui peuvent, lorsqu’elles sont associées à certains modes de consommation (alcool, sport,…) générer des accidents cardiaques graves » ;
  • La levure de riz rouge. « L’usage de compléments alimentaires à base de levure de riz rouge contenant des monacolines (substances proches des statines) peut exposer les consommateurs à des risques pour la santé (comme des atteintes musculaires ou  hépatiques) » ;
  • La p-synéphrine. Cette substance est présente dans l’écorce d’orange amère. « Les apports par le biais des compléments alimentaires doivent être inférieurs à 20 mg/jour. Il convient de ne pas l’associer à la caféine.

A noter que 3 autres évaluations sont en cours concernant les compléments alimentaires destinés aux femmes enceintes et aux sportifs, et ceux contenant de la spiruline. Les résultats sont attendus au cours du premier semestre 2015.

« Les déficits et les carences en nutriments sont très rares au sein de la population générale et concernent (…) des groupes particuliers de la population (femmes enceintes, personnes âgées, populations en situation de grande précarité…) », conclut l’ANSES. « Pour une grande majorité, une alimentation équilibrée permet d’apporter l’essentiel des nutriments nécessaires pour couvrir les besoins nutritionnels. Les compléments alimentaires ne sont pas anodins. Leur consommation devrait être assortie d’un conseil personnalisé auprès d’un professionnel de santé. »

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