Les soins de support : essentiels mais peu connus

[28 novembre 2014 - 14h40] [mis à jour le 28 novembre 2014 à 14h41]

Dans la prise en charge d’un cancer, les soins oncologiques de support (SOS) viennent soulager la douleur en complément des médicaments. Ecoute, relaxation, esthétique, kinésithérapie, tout est pensé pour aider le malade à mieux supporter les symptômes et les effets indésirables des traitements. Mais faute d’information, beaucoup de patients ne bénéficieraient pas de ce dispositif.

« En France, seuls 34% des malades ont déjà entendu parler de soins de support », révèlent les experts de l’Association Francophone pour les Soins Oncologiques de Support (AFSOS). Malgré de récents progrès dans la prise en charge de la douleur, trop peu de malades atteints d’un cancer ont recours à cet accompagnement instauré depuis 2005. Pour y voir plus clair, l’équipe de l’AFSOS a donc consulté 700 médecins et 1 500 malades.

Deux perceptions…

Résultat, une forte différence de perception existe entre ceux qui prodiguent les soins… et ceux qui les reçoivent. « Seuls 49% des patients avouent ainsi avoir bénéficié d’une consultation d’annonce, alors que 98% des cancérologues affirment qu’elle est effectivement proposée dans leur établissement », viennent de confirmer les experts dans leur 2ème Baromètre des Soins Oncologiques de Support.

Obligatoire depuis le 1er Plan Cancer en 2003, la consultation d’annonce fait partie des soins oncologiques de support (SOS) et correspond à un temps que l’équipe médicale et paramédicale accorde au patient pour lui expliquer le diagnostic, les traitements envisagés et l’évolution possible de sa maladie. L’objectif premier, éviter une annonce précipitée. « La consultation d’annonce devrait donc être systématiquement proposée à tous les patients », souligne le Dr Florian Scotté, oncologue à l’hôpital Georges Pompidou (Paris).

Mieux vivre le quotidien

Selon, le même baromètre seuls 4 patients sur 10 ont été suivis par un diététicien ou un nutritionniste, 31% ont reçu le soutien d’un psychologue, 29% la visite d’un kinésithérapeute à l’hôpital ou à domicile. La majorité n’en bénéficie pas, « à cause d’un manque d’information», explique le Dr Florian Scotté. En effet, beaucoup associeraient ces soins à un traitement médicamenteux, et ne cherchent pas à comprendre en quoi consistent les SOS. Certains en prennent connaissance, mais trop tardivement.

Autre problème, ces soins sont souvent proposés trop tardivement : 72% en bénéficient au stade métastatique de leur cancer, phase où les complications deviennent de plus en plus graves. « Au total, 87% des patients y ont recours en unité de soins palliatifs ». C’est-à-dire le service dans lequel sont hospitalisés les malades en fin de vie. « Les soins de support doivent être proposés très tôt dans la prise en charge, et les patients accompagnés à tous les stades de la maladie pour augmenter les chances de guérison. Chez les malades en rémission, les soins de support sont essentiels pour limiter le risque de séquelles et reprendre pied dans la vie socio-professionnelle », concluent les experts de l’AFSOS.

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