Une perte progressive de la mémoire, des troubles de l’élocution et une fragilité cognitive croissante au fil du temps… la maladie d’Alzheimer est associée au cerveau humain. Mais pour la première fois, des signes de cette maladie neurodégénérative ont été repérés chez le chimpanzé.

L’espèce humaine ne serait-elle pas la seule à présenter un risque de développer la maladie d’Alzheimer ? Pour en savoir plus, l’équipe du Pr Mélissa Edler* a étudié 20 cerveaux de chimpanzés âgés de 37 à 62 ans. Les régions cérébrales comme le néocortex et l’hippocampe, les plus impactées par Alzheimer, ont été analysées.

Les scientifiques ont remarqué « la présence de plaques amyloïdes dans le cerveau de 12 chimpanzés ». Comme chez l’homme, l’accumulation de la protéine bêta-amyloïde et la formation de plaques entre les cellules nerveuses ont été observées chez l’animal. Et les plaques étaient de tailles plus importantes chez les singes âgés. Signes caractéristiques de la dite atteinte neurodégénérative, ces phénomènes déclenchent la destruction des cellules du cerveau… sources de perte de la mémoire et de troubles cognitifs.

Des différences clés ?

Beaucoup de similitudes avec le tableau symptomatique des hommes donc. En revanche, un point reste non élucidé : chez les singes, les scientifiques n’ont pu confirmer si cette anomalie se traduisait – comme pour l’espèce humaine – en une forme de démence.

Les recherches sur l’animal constituent de précieuses pistes pour comprendre la maladie chez l’être humain. Mais en science comme ailleurs, tout ne coule pas forcément de source. Ainsi « la plupart des espèces ne souffrent pas de formation de plaques séniles. Jusqu’ici, seules des observations auprès de chimpanzés âgés de 41 ans révélaient des signes équivalents à la forme repérée chez l’être humain ». Mais très vite les scientifiques ont associé cette anomalie à « l’impact d’un accident vasculaire cérébral (AVC) » et non à la maladie d’Alzheimer.

« Le cerveau humain possède des spécificités bien particulières qui prédisposent au déclin cognitif », note le Pr Mary Ann Raghanti**. « Si nous pouvons identifier ces différences entre hommes et singes, alors nous pourrons peut-être isoler les paramètres impliqués dans la dégénérescence. » Et donc mieux cerner les origines de la maladie d’Alzheimer pour à terme améliorer sa prévention et sa prise en charge.

*Northeast Ohio Medical University
**Kent Stent University, Ohio

Partager cet article