Abus physiques, psychologiques, négligences… La maltraitance touche de nombreux enfants chaque année… et résonne sur leur vie entière. Le dernier numéro du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) dresse une liste – non-exhaustive – des conséquences des mauvais traitements.  

L’édito du BEH, signé Adrien Taquet, secrétaire d’Etat auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé, rappelle quelques chiffres édifiants : chaque année, environ 50 000 plaintes pour violences physiques sur enfant sont déposées et 20 000 pour agressions sexuelles. Et ce n’est là que la partie visible puisque ces statistiques ne prennent pas en compte les abus psychologiques, les négligences, l’exposition à la violence conjugale.

Dans le dernier Bulletin épidémiologique hebdomadaire, des chercheurs canadiens ont cherché à savoir quels pouvaient être les impacts (ici le pluriel s’impose) sur la vie d’un enfant victime de tels comportements. Et les résultats font froid dans le dos.

Des conséquences physiques…

« De plus en plus d’études rapportent des effets négatifs de la maltraitance sur la santé physique », notent ces chercheurs de l’Institut universitaire Jeunes en difficulté et de l’Université de Montréal. « Secouer un bébé peut modifier la structure de son cerveau et engendrer des dommages permanents causant des retards et des déficits psychomoteurs, des difficultés d’apprentissage, des problèmes visuels ou auditifs, de l’épilepsie. Des problèmes de santé tels que la malnutrition, des problèmes de vision ou des problèmes bucco-dentaires et certaines maladies chroniques telles que l’asthme, les maladies cardio-respiratoires ou encore le diabète peuvent aussi être causés ou aggravés par la maltraitance et perdurer jusqu’à l’âge adulte. »

… et psychologiques

Mais ce n’est pas tout. Etre victime d’abus joue sur le comportement. Retrait, évitement, symptômes dépressifs, anxiété, faible estime de soi. Mais aussi colère, agressivité, impulsivité, consommation abusive de drogue et d’alcool sont autant d’attitudes futures qui menacent ces enfants. À plus long terme, la maltraitance infantile est également associée à la survenue de violences dans les relations intimes ou encore à des idées suicidaires.

Notons aussi que les victimes de maltraitance, dans sa forme physique, sont plus à risque de développer des troubles alimentaires.

Les auteurs soulignent enfin des impacts négatifs sur le fonctionnement cognitif, et ce dès l’âge de 3 ans : ralentissement du développement du langage (en particulier dans les cas de négligence) et retards scolaires pour ne citer qu’eux.

Un problème de santé publique

« Plus une maltraitance est sévère, plus elle débute tôt dans la vie et est récurrente (…), plus les impacts sont importants et irréversibles »,, alertent les chercheurs. Lesquels n’hésitent pas à parler de « problème de santé publique » pour qualifier la maltraitance infantile.

L’article conclut sur l’importance d’agir en amont le plus tôt possible pour contrer cette problématique. Reste à savoir comment ! Parmi les stratégies de prévention de la maltraitance, les auteurs évoquent des « programmes de visites à domicile, tels que le Nurse Family Partnership ». Ou encore « les programmes de développement des habiletés parentales » qui ont cour cours en Amérique du nord.

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