Médicaments de ville : baisse « inédite » des remboursements

[29 mai 2013 - 17h41] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h56]

Selon la CNAM, un « virage est engagé sur le poste des médicaments de ville ». ©Phovoir

En 2012, les remboursements de médicaments de ville ont enregistré une baisse de 0,8% par rapport à l’année précédente. Ils s’élèvent ainsi à 22,66 milliards d’euros contre 22,84 mds d’euros en 2011.  La Caisse nationale d’Assurance-maladie (CNAM) qui publie ces chiffres fait état d’une baisse « inédite ». Etats des lieux.

 Impact des mesures tarifaires. Pour expliquer ce recul, la CNAM met en avant plusieurs facteurs. Tout d’abord, le fait que « l’année 2012 a été marquée par des baisses tarifaires significatives ». Celles-ci ont ainsi généré une économie de plus de 830 millions d’euros contre 479 millions en 2011.

Des génériques en hausse. L’accord tiers-payant contre génériques conclu en avril 2012 pour « booster » la substitution des génériques explique également cette évolution. Le taux de substitution est passé de 71,7% (avril 2012) à 83,6% (décembre 2012). Soit un bond de quasiment 12 points ! Au total, sur 2012, les génériques ont permis une économie de près de 1,5 md d’euros. Soit le double par rapport à 2007.

Moins de boîtes vendues… Déjà observée en 2011 (-0,8%), la baisse des volumes s’est poursuivie en 2012. Elle s’est même accentuée puisqu’elle a été de 1,3%. Elle a essentiellement concernée les classes thérapeutiques suivantes : anti-inflammatoires (-32,6%), anti-ostéoporotiques (-16,6%), médicaments contre la maladie d’Alzheimer (-9%) et psychotropes (-3,2%).

Mais davantage de traitements onéreux remboursés. En parallèle, la CNAM a également identifié des « moteurs de croissance » concentrés sur quelques classes thérapeutiques. Principalement des traitements de haute technologie. C’est le cas :

  • De ceux indiqués dans la prise en charge des hépatites (+68,7%) avec l’arrivée sur le marché de deux nouveaux médicaments : Incivo® et Victrelis® ;
  • des médicaments anti-rhumatismaux spécifiques (+15,2%), « dont la croissance est étroitement liée à celles d’Humira® et des anti-TNF alpha, médicaments indiqués notamment dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde et la maladie de Crohn » ;
  • des traitements de la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) (+25,3%) : « Lucentis® a enregistré une forte croissance en 2012, devenant le 1er médicament remboursé (389 millions d’euros) ».

Certains traitements indiqués dans la prise en charge de maladies chroniques connaissent aussi une forte croissance. C’est le cas des anti-diabétiques (+5,6% en 2012 et + 6,8% en 2011) et notamment les plus récents.

Quant à la classe des médicaments contre le cholestérol, elle a vu ses dépenses diminuées en 2012 (-7,1%). En revanche, celles induites par le Crestor® ont augmenté de 9,2%. « Ce médicament, pourtant recommandé comme les autres statines disponibles sur le marché et génériquées, bénéficie toujours d’un volume de prescriptions important et figure au 3ème rang des médicaments remboursés », s’étonne la CNAM. « Dans ce cadre, le progrès thérapeutique apporté par ces médicaments ne semble pas en accord avec la croissance des dépenses supportées par la collectivité ».

Ecrit par : David Picot – Edité par : Emmanuel Ducreuzet

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