Nouveau rappel de valsartan : vers une rupture de stock ?

[30 novembre 2018 - 11h18] [mis à jour le 30 novembre 2018 à 11h25]

Prescrits notamment contre l’hypertension artérielle, de nouveaux lots de médicaments à base de valsartan font encore l’objet d’un rappel. La raison ? L’identification de la présence éventuelle d’une impureté potentiellement cancérogène. L’Agence nationale du médicament anticipe un risque de rupture de stock.

Ce 29 novembre, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a annoncé une nouvelle fois un rappel de médicaments à base de valsartan. Et ce en raison d’un nouveau défaut de qualité dans cette molécule active indiquée contre l’hypertension artérielle, de l’insuffisance cardiaque et en post infarctus du myocarde récent. Ce défaut est dû à la présence d’une impureté, la NDEA (N-nitrosodiéthylamine), dans certains lots, différente de celle déjà constatée lors des rappels précédents.

Or cette impureté est, tout comme la NDMA (N-nitrosodiméthylamine)*, classée comme probablement cancérogène chez l’homme par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). « Cette dernière a été mise en évidence suite aux nombreuses investigations entreprises depuis le mois de juillet 2018 au niveau européen concernant le valsartan », indique l’ANSM.

Un rappel massif

Au total, « près de 400 lots […], possiblement concernés par ce nouveau défaut de qualité, sont rappelés à titre de précaution », note l’Agence. « Une démarche analogue est mise en œuvre par d’autres états européens et au niveau international. »

Ce rappel correspond à plus de 60% du marché français. Comme « les fabricants des spécialités à base de valsartan, non concernées par le rappel, ne sont actuellement pas en mesure d’augmenter suffisamment leur production pour couvrir l’ensemble des besoins des patients français, des ruptures de stocks conséquentes sont attendues rapidement », prévient l’ANSM.

Que faire si je prends du valsartan ?

L’ANSM rappelle aux patients de ne surtout pas et « en aucun cas, interrompre leur traitement sans avis médical ». Un arrêt brutal de traitement peut entraîner des poussées hypertensives, des décompensations cardiaques, des accidents neurologiques…

« Aussi, il est préconisé pour les patients de consulter leur médecin pour envisager un autre traitement », recommande l’ANSM. Laquelle rappelle « qu’il existe de nombreuses alternatives thérapeutiques disponibles permettant d’assurer une prise en charge optimale des patients actuellement traités par valsartan ».

A noter : un numéro vert gratuit du lundi au vendredi de 9h à 19h, est mis à la disposition des patients : 0 800 97 14 03.

*impureté à l’origine des précédents rappels

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