Overdoses : la naloxone, pas assez disponible ?

[03 septembre 2019 - 16h54] [mis à jour le 03 septembre 2019 à 17h03]

Suite à la journée internationale de prévention des overdoses ce 31 août, l’association Aides a lancé une semaine d’actions spécifiques partout en France, du 2 au 6 septembre. Objectif, interpeller les autorités sur la nécessité d’améliorer l’accès à la naloxone, seul antidote aux overdoses.

Fentanyl, tramadol, morphine… la consommation d’opioïdes a plus que doublé en 10 ans en France. Et les décès par overdose ne cessent d’augmenter. Ainsi, plus de 4 personnes perdent la vie par surdose chaque semaine. C’est bien « une explosion des prescriptions et délivrances d’antalgiques opioïdes qui, mal encadrées, entraînent mésusages et surdoses », dénonce Médecins du Monde France (MdM). En plus des overdoses provoquées par l’utilisation de stupéfiants illicites comme l’héroïne.

Un accès restreint

Pourtant, un antidote existe : la naloxone. Cette substance permet de neutraliser les effets d’une surdose d’opioïdes et de sauver des vies. Malheureusement, celle-ci n’est pas assez accessible selon les associations comme Aides ou MdM. « Alors que la forme nasale est la plus simple d’usage, elle n’est disponible qu’au sein des structures spécialisées » que sont les établissements de santé, les CSAPA* et les CAARUD**.

En effet, comme l’indique l’Agence nationale du médicament (ANSM) « deux autorisations de mise sur le marché (AMM) pour des kits de naloxone prête à l’emploi ont été octroyées. L’une en 2018 pour Nalscue, naloxone par voie nasale, l’autre en mai 2019 pour Prenoxad, naloxone injectable ». Cette dernière formulation est quant à elle disponible via les structures spécialisées et en pharmacie de ville d’après l’ANSM. Ce que réfute MDM-France sur son compte Twitter qui affirme qu’en réalité « c’est loin d’être le cas… »

Une formation pour tous

Autre sujet d’inquiétude la formation des patients et des proches. En effet, « dans 70% des cas d’overdoses, un témoin est présent. En équipant et en sensibilisant les services de secours mais aussi toute la population à l’usage de la naloxone, lors des formations aux 1ers secours notamment, nous pourrions éviter de nombreux décès », insiste MdM. Or « à ce stade, et malgré la mobilisation des structures communautaires associatives, la capacité à délivrer le produit et former les personnes reste trop faible », dénonce Aides.

« Il est primordial que ces deux formes de naloxone demeurent disponibles en France, avec une meilleure accessibilité effective aux personnes concernées », conclut l’association de lutte contre le Sida et les hépatites en France.

*Centres de Soin, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie
**Centres d’Accueil et d’Accompagnement à la Réduction des risques pour Usagers de Drogues

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