Parents âgés dépressifs : comment les soutenir ?

[14 juin 2017 - 13h57] [mis à jour le 14 juin 2017 à 14h02]

Veuvage, isolement, déclin des capacités physiques et cognitives… Les seniors sont particulièrement vulnérables face à la dépression. Quand elle survient, il est essentiel de savoir la détecter puis de les amener à accepter de se faire soigner, sans les infantiliser.

Selon le baromètre santé 2010 de l’Inpes, 18% des 55-85 ans sont en état de souffrance psychologique. Un chiffre qui, d’après les spécialistes, aurait tendance à sous-estimer la réalité. Plus préoccupant encore, le taux de suicide chez les seniors reste très élevé en France : en 2010, près d’un tiers des suicides concernaient des plus de 65 ans.

Mais comment reconnaître un épisode dépressif chez une personne en proie à des douleurs chroniques ou à une pathologie invalidante ? Ou encore chez un individu qui vient de perdre son conjoint ? Ou qui a du mal à s’adapter à son nouveau cadre de vie dans un EHPAD ? Après tout, il est normal d’éprouver de la tristesse, de perdre son entrain habituel dans de telles situations. Mais l’association de plusieurs symptômes doit cependant alerter : perte d’appétit, troubles du sommeil, dépréciation de soi, pessimisme, repli sur soi… Ces signes sont trop souvent mis sur le compte de l’âge. Or ce sont des indicateurs d’une possible dépression et l’entourage doit y être attentif car les personnes âgées taisent facilement leur mal-être.

Guider et déculpabiliser

Seul un avis médical va permettre de confirmer un diagnostic de dépression. Si votre parent présente un mal-être persistant, la première étape consiste donc à l’encourager à en parler à un médecin. Soyez honnête, dites-lui que vous vous inquiétez et que cela vous rassurerait. N’oubliez pas, la culpabilité est une composante importante de la dépression. Dites-bien à votre parent qu’il n’a aucune responsabilité dans tout cela, c’est une maladie comme une autre. Déculpabilisez vous aussi. Non, ce n’est pas parce que vous l’avez encouragé à entrer en institution ou que vous ne passez pas assez de temps avec lui qu’il est dépressif. Informez-vous un maximum sur cette pathologie, sur ses causes, ses traitements possibles…

Plus vous en saurez, plus vous pourrez l’épauler. Attention toutefois à continuer de vivre aussi pour vous. Mieux vous vous sentirez, plus vous pourrez lui être utile. Le plus grand défi ? Conserver votre place d’enfant, ne pas devenir son parent ou son médecin. Des associations comme l’Union nationale de Familles et Amis de Personnes Malades et/ou Handicapées Psychiques pourront vous aider à le relever.

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