Bien qu’en France la législation encadrant la Procréation médicalement assistée (PMA) soit stricte, les techniques pour améliorer la fécondation in vitro (FIV) ne cessent de se développer à l’étranger. Time lapse, Assisted Hatching et autres… ces méthodes n’ont, pour la plupart, jamais vraiment fait l’objet d’études cliniques suffisamment sérieuses pour être scientifiquement validées. A l’occasion du congrès EBART sur les techniques de FIV les 21 et 22 avril derniers à Barcelone, plusieurs experts ont évoqué le besoin de mettre en place un label de qualité. Petit tour d’horizon non exhaustif.

« Depuis le début de la FIV, deux défis se sont présentés aux médecins », rappelle le Pr René Frydman, obstétricien et spécialiste de la PMA. « Celui de comprendre ce qui fait qu’un endomètre est réceptif, et si un embryon a les capacités de se développer. » Pour améliorer les performances sur ces deux aspects, les idées ne manquent pas.

Pour sélectionner le meilleur embryon

Le Screening Génétique Préimplantatoire ou PGS. « Aujourd’hui, on sait que 70% des embryons ne vont pas s’implanter », souligne le Pr Frydman. Or avec la technique du PGS, il est possible de reconnaître ceux qui possèdent une anomalie chromosomique, principale raison de l’échec de la FIV. Il s’agit de prélever au cours d’une biopsie, une petite partie de l’embryon dans le but d’analyser son patrimoine génétique. Une technique que René Frydman estime nécessaire dans de nombreux cas. Même constat pour le Dr Rita Vassena, directrice scientifique de la clinique Eugin. « Dans le cas de femmes jeunes ayant un nombre suffisant d’ovocytes capables de produire des embryons, cette technique est valable », indique-t-elle. « Le pourcentage de pertes d’embryons liées à la biopsie est alors acceptable. » En revanche, « pour une femme âgée de plus de 38 ans et ayant par définition peu d’embryons, le bénéfice n’est pas aussi évident ».

Le Time Lapse. Cette technique consiste à filmer en temps réel le développement des embryons in vitro. Elle doit en principe permettre à l’équipe médicale de sélectionner ceux qui présenteront le moins de risque d’être porteurs d’anomalies chromosomiques. Sans danger de perdre un ou plusieurs d’entre eux puisqu’aucune manipulation n’est nécessaire.

Pour améliorer les chances d’implantation de l’embryon

L’Assisted Hatching. Chaque embryon est entouré d’une couche de protéines. Plus cette dernière est fine, plus l’embryon a de chance de s’implanter. En effet, pour rester dans l’utérus, il doit percer cette pellicule. En se basant sur ce constat, des médecins ont mis au point une technique permettant d’aider les embryons à y parvenir. Pour ce faire, ils percent manuellement in vitro de petits trous la pellicule de protéines de plusieurs embryons. Espérant ainsi améliorer les chances d’implantation.

AneVivo. « Ce dispositif permet la fécondation et le développement de l’embryon in vivo, à l’intérieur d’une minuscule capsule poreuse placée dans l’utérus de la mère, et non pas in vitro (en laboratoire) », explique la clinique IVI à Bilbao (Espagne) qui propose cette technique. « Par la suite, la capsule poreuse est retirée et on procède alors à la sélection des meilleurs embryons qui seront de nouveau introduits dans l’utérus de la mère. » Objectif de cette méthode mise au point par un médecin suisse, « permettre à l’embryon de se développer dès les premières heures dans son milieu naturel et dans les mêmes conditions […] que s’il avait été conçu de manière naturelle tout en profitant des mêmes nutriments ». De plus, « sur le plan psychologique, les parents se sentent ainsi plus proches du processus de reproduction assistée », explique IVI.

Des études sérieuses et un label de qualité

Aucune de ces techniques ne présente de problème de sécurité pour les patientes. Mais elles n’ont pour autant pas toujours fait l’objet d’études sérieuses. Et « elles n’apportent par conséquent pas toujours les résultats escomptés », souligne Rita Vassena. « Il nous faudrait des preuves », ajoute-t-elle en insistant sur la nécessité de rester ouverts aux nouvelles technologies. C’est pourquoi de nombreux spécialistes de la PMA présents au congrès souhaitent la mise en place d’un label de qualité, lié à des études scientifiques randomisées.

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