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Sur le plan physiologique, l’évacuation des selles est un processus rapide. Lorsqu’elle est déclenchée naturellement, elle ne dure en général que quelques minutes. Les gastro-entérologues estiment qu’une durée d’une à trois minutes est normale. Si l’on dépasse cinq minutes, cela peut déjà indiquer que quelque chose ne fonctionne pas de manière optimale, qu’il s’agisse d’un manque de fibres, d’une hydratation insuffisante ou d’une mauvaise posture. Au-delà de dix minutes, des effets négatifs peuvent survenir.
La principale explication tient à un phénomène mécanique. La position assise sur des toilettes n’est pas neutre pour le corps. Contrairement à une chaise classique, la zone anale se retrouve en suspension, ce qui concentre la pression du poids du corps sur les tissus et les vaisseaux sanguins situés autour du rectum. Sous l’effet de la gravité, le sang a tendance à s’accumuler dans ces veines. Plus la durée d’assise est longue, plus cette accumulation devient importante. À terme, cela favorise la dilatation des veines et peut conduire à l’apparition d’hémorroïdes.
Des études cliniques ont confirmé qu’il existe une corrélation entre le temps passé aux toilettes et la sévérité des symptômes hémorroïdaires. En outre, un travail publié dans la revue PLOS ONE a mis en évidence qu’un comportement fréquent aujourd’hui, l’utilisation du smartphone aux toilettes, est associé à une augmentation notable du risque. Bien que le téléphone ne soit pas la cause directe, il est néanmoins un facteur de prolongation du temps passé assis.
Un autre élément aggravant est la tendance à pousser. Lorsque l’évacuation ne se fait pas rapidement, beaucoup de personnes forcent, ce qui augmente la pression à l’intérieur de l’abdomen. Cette pression se transmet directement aux veines du rectum, accentuant encore leur dilatation. La combinaison d’un effort de poussée et d’une position prolongée crée ainsi un contexte particulièrement défavorable.
À long terme, la pression répétée peut contribuer à affaiblir les muscles du plancher pelvien, qui jouent un rôle essentiel dans le maintien des organes internes et le contrôle de la continence. Dans les cas les plus avancés, cela peut favoriser des troubles plus rares mais plus sérieux, comme une descente du rectum.
En pratique donc, lorsque l’envie est présente, il est préférable d’y répondre sans attendre, mais aussi sans prolonger inutilement le moment. Si rien ne se passe rapidement, la meilleure stratégie consiste à se lever et à réessayer plus tard.

Source : PLOS ONE – ameli.fr

Ecrit par : Dominique Salomon – Edité par : Emmanuel Ducreuzet
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