SAMU : une régulation médicale systématique envisageable ?

[21 juin 2018 - 12h27] [mis à jour le 21 juin 2018 à 12h28]

L’Inspection générale des Affaires sociales (Igas) vient de rendre son rapport d’enquête sur les circonstances du décès de Naomi Musenga le 29 décembre 2017. Il en ressort que la procédure générale de régulation établie par le SAMU de Strasbourg n’imposait pas de transmettre systématiquement l’appel à un médecin. Le responsable du service a démissionné.

Le 29 décembre dernier, Naomi Musenga est décédée après sa prise en charge tardive par le SAMU de Strasbourg. Une enquête avait été ouverte par l’Igas, qui publie les résultats.

« Les recommandations de bonnes pratiques de la Haute Autorité de Santé (HAS) prévoient que tout appel doit faire l’objet d’une régulation par un médecin ». Or, « la mission relève que la procédure générale […] établie par le SAMU de Strasbourg [ne l’imposait pas de manière] systématique », note l’Igas. En d’autres termes, les assistants de régulation n’était pas obligés de transférer l’appel à un médecin.

Toutefois, cette même procédure « prévoyait une transmission […] en cas de douleurs abdominales, ce qui n’a pas été fait ». Ce qui était le cas de Naomi Musenga. La responsabilité de l’assistante de régulation médicale est bien confirmée. Le ton employé avec la patiente est qualifié de « dur, intimidant et déplacé ». Au total, « ses réponses inadaptées […] ont conduit à un retard global de prise en charge de près de 2h20 », estime l’Igas. Ce qui a mené au décès de la patiente.

Réviser les procédures de prise en compte des appels

Outre la suspension définitive de l’assistante de régulation médicale et la démission du responsable du service du SAMU, l’Igas a exigé « la correction immédiate de la procédure générale ». De plus « cette mesure doit être complétée par la mise en place d’une formation aux règles et aux bonnes pratiques » de ce métier. Objectif, « garantir la qualité et la sécurité ».

Par ailleurs, « des travaux sont engagés afin de contribuer à l’amélioration de la prise en charge des appels d’urgence à l’échelle nationale ». Pour une coordination des procédures dans tous les SAMUS ? Pour le moment, chacun met au point librement son propre fonctionnement. Et le manque systémique de médecins en France ne permettra peut-être pas si facilement de parvenir à la régulation de tous les appels. Comme nous le rappelait le Dr Patrick Pelloux récemment, « tous les appels ne passent pas forcément par un médecin, car il y a trop d’appels et pas assez de médecins. Et nous n’en aurons jamais assez… »

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